L'UNION EUROPEENNE REFUSE LES DEPUTES ROUMAINS

Publié le par EVANGELIZT

Le Parlement européen ferme sa porte aux députés roumains


La Roumanie vient d’essuyer une gifle. Le Parlement européen a refusé d’accueillir en son sein des observateurs roumains avant l’intégration du pays, prévue en 2007. Cette décision a été prise par les députés socialistes et chrétiens populaires. L’opposition allemande (CDU) a été la plus critique envers la Roumanie : une manière de suggérer un réorientation pro-américaine de la politique étrangère de Bucarest ?

Par la rédaction de Curentul

L’espoir des parlementaires roumains de devenir des observateurs européens et de recevoir les salaires et les indemnités de voyage afférentes s’est écroulé à la suite de l’avis négatif de ceux qui auraient dû devenir leurs collègues. La conférence des présidents de groupe du Parlement Européen a décidé de ne pas recevoir les observateurs roumains et bulgares avant le 1er janvier 2006, voire le 1er janvier 2007 au cas où la clause de sauvegarde serait appliquée. Il a incombé au leader de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe, Graham Watson, de rendre publique la décision des présidents du Parlement Européen. Dans un communiqué de presse, celui ?ci a critiqué le manque de volonté politique des socialistes et des chrétiens-démocrates européens qui ont refusé d’accueillir les observateurs roumains et bulgares.

Dans sa déclaration, Graham Watson a qualifié de « honteux et mesquin « le comportement des deux plus grands groupes parlementaires (PPE et PSE), qui ont agi de la sorte trois semaines après avoir consenti à Strasbourg à l’adhésion des deux pays.

Blocage des chrétiens-démocrates allemands

Cette décision a été inspirée par les critiques de l’opposition allemande qui a exigé, par la voix des chrétiens-démocrates, que l’adhésion de la Roumanie à l’Union Européenne soit renégociée. L’opposition allemande s’est montrée particulièrement mécontente du peu de sérieux qui a caractérisé les négociations avec la Roumanie, elle se dit inquiète de l’invasion de la main d’œuvre bon marché et de l’écart démocratique entre l’Europe et les deux pays des Balkans. Nicolae Vlad Popa, sénateur roumain du groupe libéral, pense que cette réaction des parlementaires allemands est due aux récentes négociations sur l’adhésion de la Turquie et de la Croatie. Le sénateur roumain s’est montré pourtant peu inquiet sur l’influence des chrétiens-démocrates allemands qui sont minoritaires dans leur Parlement national.

Le Premier ministre roumain affiche un air impassible face au rejet du Parlement Européen, tandis que l’opposition prend un air sceptique. Le Premier ministre Calin Popescu Tariceanu ne s’est pas montré inquiet par ce vote négatif et considère toute crainte inutile. Il a expliqué ce rejet par le désir du Parlement Européen de maintenir l’ordre et a anticipé la réaction du Parlement Roumain qui ne tardera pas.

L’opposition roumaine, fidèle à elle-même, réfute cette opinion et avance un point de vue contraire à celui du Premier ministre. Cristian Diaconescu, sénateur du Parti Social Démocrate, voit dans ce rejet un signal préoccupant. Il a recommandé au gouvernement de ne pas s’engager dans une polémique et de faire une analyse approfondie de la situation. « La Roumanie ne doit pas avoir une réaction déclarative, ce que l’on attend de sa part, c’est qu’elle accomplisse les réformes. (...) Le gouvernement roumain doit assumer ce message avec responsabilité et offrir les réponses qui prouvent indubitablement la volonté politique de la Roumanie de devenir un État européen moderne », a affirmé Cristian Diaconescu. Le scepticisme des états membres les plus importants du point de vue politique et financier est chaque fois plus évident quant à la capacité de la Roumanie de devenir un partenaire européen crédible.

Vasile Puscas, qui a mené les négociations de la Roumanie avec l’Union Européenne, ne voit pas dans la réaction des chrétiens-démocrates allemands un avertissement, mais il a reconnu que la récente signature des Traités d’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union Européenne est un thème de campagne en Allemagne.

L’avis des spécialistes

Cristian Preda déclare que l’attitude des chrétiens-démocrates allemands dénote une crainte de nature politique et économique : « Le seul problème c’est qu’ils font apparaître maintenant ces craintes, avec plus de netteté qu’au moment de la signature du Traité (...). Il est intéressant de noter que les parlementaires chrétiens-démocrates et chrétiens-sociaux prônent, comme le président roumain Traian Basescu, une relation privilégiée avec les États-Unis ».

Cristian Parvulescu considère le rejet de la part des chrétiens-démocrates allemands comme un appel lancé à la Roumanie pour qu’elle constitue un Parti populaire chrétien démocratique fort, capable de se faire représenter dans le Parlement européen et qui inclue aussi la dimension pro-américaine de la politique étrangère roumaine. Cristian Parvulescu craint pourtant qu’un ralentissement des réformes ne remette le moment de l’adhésion à 2008.

Sources : LE COURRIER DES BALKANS

Voir aussi : Roumanie : à la veille de l'intégration européenne, des élites toujours prédratrices...

Albanie : l'Union Européenne accuse le gouvernement et l'opposition

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