PROBLEME ENTRE LE COUPLE CHIRAC SHROEDER ET BLAIR

Publié le par EVANGELIZT

Affaiblis, le président français et le chancelier allemand sont confrontés à un Tony Blair intraitable qui s'apprête, le 1er juillet, à prendre la présidence semestrielle de l'Union

 

Le ton monte entre Blair et le couple Chirac-Schröder

 

L'heure est grave. Hier, à l'Elysée, Jacques Chirac et Gerhard Schröder avaient visiblement leur tête des mauvais jours. Et pas de solution miracle pour sortir l'Europe de l'impasse dans laquelle elle est engagée après le non de la France et des Pays-Bas à la Constitution européenne. Le président français et le chancelier allemand ont une nouvelle fois affirmé leur volonté commune de ne pas abdiquer leur rôle moteur au sein de l'Union et ont accru leur pression sur Tony Blair, pour qu'il consente un geste dans les négociations sur le budget européen.


Porteur d'une vision de l'Europe très éloignée de celle de Chirac et Schröder, le premier ministre britannique s'apprête, au 1er juillet, à prendre la présidence semestrielle de l'UE. Face à un Tony Blair conforté par sa victoire électorale, c'est un couple franco-allemand fragilisé qui se présentera, la semaine prochaine à Bruxelles, à un sommet européen dont les enjeux sont particulièrement lourds. Au plus bas dans les sondages, Jacques Chirac a été personnellement désavoué par le non français à ce référendum qu'il avait voulu. Et en Allemagne, tous les pronostics prédisent la défaite de Gerhard Schröder aux législatives, à l'automne, au profit de la conservatrice Angela Merkel.


Au cours d'un point de presse commun, Chirac a donc fait front commun avec son «partenaire et ami», presque aussi affaibli que lui-même : le chancelier est un «homme de caractère et de vision sur lequel la France a pu s'appuyer pour renforcer, au service de l'Europe, la relation, l'amitié entre l'Allemagne et la France», a-t-il dit.


Jacques Chirac et Gerhard Schröder se retrouvaient à Paris, avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, habitué de ces entretiens informels dits de «Blaesheim», et un nouveau venu, son homologue Philippe Douste-Blazy. Le chancelier s'est déclaré prêt à «un compromis constructif» sur le budget de l'UE, à condition que ce ne soit pas «un effort unilatéral» demandé à la France et à l'Allemagne. Chacun doit «faire un geste», a dit Schröder, «chacun doit apporter son écot» au rassemblement de l'UE, a renchéri Chirac. «Je suis prêt, naturellement, à ce que la France apporte son écot, comme les autres, à une solution au problème auquel nous sommes confrontés», a-t-il dit. «Mais je revendique le droit de choisir l'écot en question. Je ne suis pas disposé à transiger sur l'accord unanime qui a été passé en 2002 sur la politique agricole commune», a-t-il prévenu. Dans la ligne de mire de Paris et Berlin, le fameux «chèque» britannique, cette ristourne sur la contribution de la Grande-Bretagne au budget communautaire que Margaret Thatcher avait obtenue de haute lutte en 1984, méritant plus que jamais son surnom de «Dame de fer». Depuis, Tony Blair s'est toujours battu pour conserver cet avantage, régulièrement remis en cause par ses partenaires européens, au premier rang desquels la France et l'Allemagne, qui y voient un moyen de dégager de substantielles marges de manoeuvre.


Mais hier, à nouveau, Londres a menacé d'opposer son veto à toute révision de cette ristourne, sauf si elle s'accompagnait d'une refonte d'ensemble du budget européen. Les négociations s'annoncent donc particulièrement âpres avec un Tony Blair en majesté.


Autre sujet sensible qui l'oppose à Chirac et Schröder, l'avenir de la Constitution européenne. Blair a mis à profit le non français et néerlandais pour annoncer un très opportun report aux calendes grecques du référendum dans son propre pays. La France et l'Allemagne veulent «sortir de la crise», a dit Chirac, pour qui «le respect des autres et la démocratie impliquent que le processus de ratification se poursuive». Il est «encore trop tôt pour dresser un bilan intérimaire», a ajouté Schröder. Mais comment désensabler l'Europe ? Ni Chirac ni Schröder n'ont avancé de piste hier. «Il y a un problème de réconciliation des Européens avec l'Europe», a dit le président français. «Ces difficultés, il faudra bien que l'Europe les surmonte. Elle les surmontera d'autant mieux qu'il y aura une forte volonté entre l'Allemagne et la France pour les surmonter», a-t-il ajouté. «Il est plus important que jamais de maintenir le cap de l'unification et de l'élargissement», a affirmé le chancelier.


Invoquant lui aussi la force de l'amitié franco-allemande, il a souligné que ces entretiens se déroulaient le jour du 61e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane...

Sources : http://www.lefigaro.fr/international/20050611.FIG0011.html?134447

Posté par Adriana EVANGELIZT

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