INJUSTICES FLAGRANTES

Lundi 10 octobre 2005

Grève de 24h en France: plus d'un million de manifestants contre la politique du gouvernement Chirac

par Antoine LEROUGETEL

 

Plus d'un million de salariés débrayèrent et manifestèrent mardi dans 150 villes partout en France contre la politique néo-libérale du gouvernement gaulliste du président Jacques Chirac et du premier ministre Dominique de Villepin. C'est à l'appel de toutes les sept principales centrales syndicales et de tous les partis de la Gauche, y compris le Parti socialiste, que ces actions eurent lieu.

Les salariés y participèrent pour exprimer leur opposition à la diminution du pouvoir d'achat de leurs salaires et de leurs pensions, au démantèlement des protections du Code du Travail, aux nouveaux contrats d'embauche qui rendent plus facile le licenciement des travailleurs, et aux réductions drastiques des allocations chômage. Les autres questions soulevées furent la crise du logement, la chasse aux immigrés par le gouvernement et la répression policière de la contestation sociale ­ surtout celle des manifestations lycéennes pour la défense du service public de l'éducation.

En Ile de France, les grèves ont fortement perturbé les transports en commun, et plus encore dans les villes de province. Le trafic aérien aussi fut touché et l'aéroport de Lyon entièrement fermé. Beaucoup de classes et quelques écoles furent fermées.

Le même jour, tandis que les défilés battaient le pavé partout en France, la montée de tension au sein de l'élite politique s'exprima dans un différend ouvert dans la direction du parti gouvernemental gaulliste, l'UMP. Le premier ministre Villepin et Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur de droite et président de l'UMP, eurent une algarade sur la manière de gérer la résistance populaire croissante.

Lors de la réunion habituelle du mardi des députés UMP à l'Assemblée nationale, Villepin s'attaqua à Sarkozy au sujet de sa rhétorique provocatrice de néo-libéralisme pur et dur. Il déclara : « Nous devons nous méfier de nos propres utopies. Dans l'histoire de la France, les ruptures [expression favorite de Sarkozy] et les révolutions se terminent toujours dans le sang».

Le reproche de Villepin reflète la peur grandissante dans l'establishment patronal et politique devant la montée de résistance populaire contre la politique de droite du régime, anxiété intensifiée par le rejet de la Constitution européenne dans le référendum en France et par la débâcle subie par la candidate conservatrice Angela Merkel dans les élections allemandes de ce mois-ci.

Des équipes de sympathisants du WSWS distribuèrent des milliers de tracts de la déclaration du comité de rédaction « A l'offensive mondiale libérale et impérialiste il faut opposer l'internationalisme socialiste ». La disposition sérieuse et réfléchie des manifestants pouvait se voir dans le grand intérêt porté à la déclaration. Plusieurs d'entre eux, ayant commencé à lire le tract, revinrent en prendre d'autres pour leurs amis.

Des commentateurs de la presse signalèrent que la mobilisation, d'importance égale aux actions anti-gouvernementales du 10 mars de cette année, fut le mouvement social le plus vaste si tôt après la rentrée depuis plus de 30 ans. Les mouvements sociaux en France ont tendance à atteindre leur plus haut développement au printemps, et une telle mobilisation au début de l'automne est prémonitoire d'une très grande confrontation entre la classe ouvrière et le gouvernement dans les semaines et les mois à venir.

Il y a un grand écart entre le décompte des manifestants fait par la police et celui des syndicats, mais on peut affirmer qu'au moins 100 000 personnes participèrent à Paris et 50 000 à Marseille, où les salariés de ferry de la SNCM en grève contre la privatisation, appuyés par les travailleurs portuaires, ont été en tête de cortège. Il y a eu des défilés entre 10 000 et 20 000 manifestants dans des dizaines de petites et moyennes villes.

Jusqu'à la moitié des salariés de l'éducation débrayèrent, et de gros bataillons d'enseignants et de personnel non enseignant étaient visibles, tout comme des lycéens qui avait été à l'avant-garde de l'opposition à la réforme Fillon de l'éducation l'année scolaire dernière. En plus des appels pour l'abrogation des lois qui allongent les heures de travail des enseignants, introduisent l'annualisation, et minent l'égalité éducative, les revendications mettaient l'accent sur les coupes dans le budget de l'éducation et la réduction du personnel enseignant, le licenciement de milliers d'enseignants non titulaires et la fermeture de classes.

Il y a aussi une vaste opposition au soutien exprimé par le nouveau ministre de l'éducation Gilles de Robien en faveur de l'éducation privée, presque exclusivement catholique, qui représente près de 20% de l'éducation primaire et secondaire française.

D'autres salariés du public étaient bien représentés dans les manifestations, avec plus de 25 pour cent de fonctionnaires en grève aux côtés de près de 20 pour cent de travailleurs de la poste et 30 pourcent des électriciens d'EDF, qui défilaient en particulier contre la vague grandissante de privatisations. Beaucoup d'hospitaliers participaient pour s'opposer aux dégradations du système médical.

Un aspect majeur de la journée fut la participation de salariés du privé, dont le taux de syndicalisation n'est que de 7 pour cent, et qui sont plus vulnérables à la victimisation que ceux du public. Ces travailleurs du privé, sur lesquels les bureaucrates syndicaux et groupes d'extrême gauche comme la Ligue Communiste Révolutionnaire et Lutte Ouvrière ont tiré un trait car ils sont trop intimidés pour faire grève, étaient nombreux dans la rue.

Les salariés de Hewlett-Packard, menacés de licenciements massifs, étaient en tête de cortège à Paris et se trouvaient aussi à côté des travailleurs de ST Microelectrics dans les rues de Grenoble. Des hôtesse de l'air de British Airways et des salariés d'Air France et de l'aéroport d'Orly avaient des contingents à Paris, ainsi que du personnel d'Eurocopter et de Saint-Gobin.

Des salariés de la grande distribution de Géant Casino, Auchan, Trois Suisses et la Redoute, tout comme des travailleurs de Legrand, Renault, Airbus, Alcatel et Ford défilèrent. A Lille, dans le nord de la France, des salariés de Heineken étaient dans la rue contre « les cadences infernales » et les verriers de Boissois Glaverbel contre la suppression d'emplois.

Un aspect significatif de la manifestation de Paris fut la présence massive de cadres organisés par la CFE-CGC (la Confédération française de l'encadrement). Trois mille cadres participèrent et dénoncèrent « la braderie du code du travail ». Richard, cadre d'Eurodisney, dit à la presse, « La mobilisation de l'encadrement est énorme aujourd'hui. On est là pour faire marcher les boîtes, mais pas contre les gens qui bossent avec nous. »

D'importantes délégations défilèrent derrière des banderoles syndicales portant les badges et autocollants de leurs organisations : la CGT (Confédération générale du travail) influencée par le Parti communiste, les confédérations alignées sur le Parti socialiste ­ FO (Force Ouvrière) et la CFDT (Confédération française démocratique du travail), avec les syndicats de l'éducation et enseignants ­ la FSU (Fédération syndicale unitaire) et l'Unsa (Union nationale de syndicats autonomes) orientée vers le PS. Cependant, on remarquait que bon nombre de travailleurs arrivaient avec leurs collègues, amis et famille sans banderoles ni badges syndicaux, saisissant l'opportunité de montrer leur désir de résister à l'offensive néo-libérale.

Dans une démarche visant à raviver la crédibilité des partis de la Gauche plurielle (Parti Socialiste, Parti Communiste, Verts) du gouvernement antérieur de Lionel Jospin, la LCR, qui depuis des années se présente comme l'authentique alternative socialiste des Staliniens et des Sociaux-Démocrates, signa un appel commun le 1 octobre pour les mobilisations du 4 octobre. Le langage creux du document, qui s'oppose à l'« offensive libérale et répressive organisée par le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy » a comme but de fournir une couverture pour ces partis qui, au gouvernement, ont pratiqué le nombre le plus important de privatisations depuis la Libération. Ils ont mené une offensive continue contre les acquis sociaux, suivant la ligne de l'Union européenne, et le Parti socialiste a joué un rôle majeur, dans les commissions de l'UE.

On pouvait remarquer de petites délégations des partis de la Gauche plurielle dans les défilés. Libération du 5 octobre observa : « Après avoir signé ensemble un appel pour dénoncer «le désordre social», le PS, le PCF, les Verts et la LCR s'étaient répartis le trottoir hier le long du cortège parisien. Après les boules de neige de Guéret en mars sur les lunettes de Hollande et l'oeuf de La Courneuve sur le crâne de Fabius, l'accueil réservé aux socialistes dans la manifestation n'allait pas de soi. Le patron du PS avait d'ailleurs opté pour une participation sans risque à Tulle. Et son ex-numéro deux, lui, à Rouen. Moins craintifs, Henri Emmanuelli, Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les nonistes du trio du Nouveau Parti socialiste, étaient à Paris, devant le Cirque d'hiver. »

Dans des déclarations faites à la presse pendant la journée, les principaux dirigeants syndicaux ont clairement affiché leur intention d'adopter leur pratique habituelle, celle de freiner le mouvement social au moyen des « temps forts », en encourageant les illusions que le gouvernement serait prêt à négocier un recul avant qu'une vraie bataille soit engagée. Bernard Thibault de la CGT déclara, « Gouvernement et Medef ont quelques jours pour donner des signes tangibles qu'ils ont entendu le message. La CGT est déjà prête à envisager des suites si les réponses appropriées ne viennent pas, et les syndicats ont déjà pris date en ce sens. »

Jean-Claude Mailly de FO dit: "Ou gouvernement et patronat répondent aux questions, ou ils ne le font pas et alors nous verrons la suite." Gérard Aschiéri chantait le même air : « Est-ce que le gouvernement va entendre ? C'est-à-dire négocier sur les salaires, l'emploi, le service public ? S'il n'entend pas, on est prêts à discuter des suites d'actions »

Les uniques craintes que de telles déclarations provoqueront chez le gouvernement et les patrons c'est que peut-être elles ne vont pas suffire à juguler le mouvement.

Une professeur de théâtre interviewée à Amiens exprima son opposition aux attaques du gouvernement contre l'éducation et contre les enseignants et admit qu'elles n'étaient que la continuation de la politique du gouvernement antérieur de la Gauche plurielle de Lionel Jospin. Le WSWS lui demanda si elle croyait qu'une telle alternative bis au gouvernement actuel pourrait renverser la vapeur. Elle s'exclama, « Il faut qu'on y croie ! ».

Deux jeunes professeurs, Célia et Cécile, qui avaient participé à la longue lutte pour défendre les retraites en 2003 et qui avait suivi la campagne du WSWS pour une perspective socialiste, déclarèrent qu'elles voyaient la nécessité de construire une alternative socialiste aux partis de la Gauche plurielle. Elles reconnaissaient que la situation économique en France comme à l'étranger, signifiait que l'offensive néo-libérale contre les acquis sociaux serait implacable. Elles se rappelaient avec une amertume particulière la trahison finale de Bernard Thibault de la CGT et de Gérard Aschiéri de la FSU le 10 juin 2003. Elles souhaitèrent continuer la discussion sur les perspectives du WSWS.

Sources : WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

Par EVANGELIZT
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Dimanche 16 octobre 2005

Quand l'Occident perd la mémoire...

QUI GENERE L'IMMIGRATION ET LE TERRORISME ?

par Adriana Evangelizt

Les deux fléaux contre lesquels nos gouvernements ont décidé de lutter avec acharnement et sans répit sont l’Immigration et le Terrorisme. Il est clair et net que l’un comme l’autre sont les créations de ceux-là même qui nous gouvernent.

L’article "L’attrait naturel des richesses" de Ahmed Zaki, en dit long sur la mentalité occidentale dont la courte mémoire n’est pas le moindre des défauts. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, oui beaucoup. La Gaule, par exemple, jusqu’en l’An 1000 de notre ère était incapable de construire quoi que ce soit qui ressemblat à un édifice représentatif de sa culture. Une horde de barbares venant de diverses contrées de l’Est ou du Nord, livrés à eux-mêmes et s’entretuant entre eux. Il a fallu que les premiers croisés partent en Orient pour y découvrir tant les chiffres arabes que les raffinements d’une civilisation qui ne leur avaient même pas effleuré l’esprit tellement ils étaient incultes et ignorants des autres peuples beaucoup plus évolués qu’eux de par le monde.

Les premières cathédrales dignes de ce nom ne purent être construites que grâce à l’apport de l’architecture orientale. Mais dès le départ, au lieu de respecter l’autre dans son propre pays, les seigneurs de guerre occidentaux pratiquèrent le pillage et s’emparèrent, sans états d’âme, de ce qui ne leur appartenait pas, massacrant les peuples civilisateurs et les forçant à adopter des croyances qui n’étaient pas les leurs. Les pays Arabes et d’Afrique portent à jamais les stigmates de ce brigandage colonisateur. Prendre, toujours prendre et ne rien donner en échange si ce n’est le malheur, les drames et les larmes.

Mille ans ont passé mais rien n’a changé. Les populations exsangues tant africaines que du Maghreb ne connaissent que famine et misère tandis que leurs gouvernants corrompus par les élites occidentales remplissent bien leur panse et leurs coffres en se foutant pas mal de la misère du Peuple. Et les Peuples affamés rêvent... ils rêvent de cet eldorado de France et d’ailleurs où les gens sont sensés pouvoir manger à leur faim. Ils n’ignorent pas non plus que si l’Occident est riche aujourd’hui c’est parce qu’il les a pillés, eux hier, en les laissant démunis de tout mais surtout de l’essentiel. Car le boire et le manger ne sont-ils pas les deux premières nécessités auxquelles l’Être humain ne peut se soustraire sans y laisser la vie ?

Alors quoi de plus normal que de vouloir chercher ailleurs ce que l’on n’a plus chez soi parce que des impudents sans conscience et sans coeur vous ont tout volé ? Pourquoi ne pas se dire après tout "J’ai bien le droit moi aussi d’essayer de vivre comme ceux qui n’ont pas eu honte de s’enrichir sur notre dos ?" mais l’oubli est une denrée récurrente chez les élites qui nous dirigent. Pour remercier les populations spolliées, on leur contruit des barrières, des frontières, des murs électrifiés ou bardées de sentinelles armées pour les empêcher d’échapper à leur fatal destin tracé par ceux-là mêmes qui continuent de les traiter en quantités négligeables. Voilà le monde où nous vivons... en se repaissant de lois où il est écrit "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit", nos dictateurs de conscience nous abreuvent de mots dont ils ont oublié le sens profond, s’ils ne l’ont jamais su d’ailleurs. D’autant qu’aux alentours de 1789, ces beaux principes furent aussi véhiculés outre-atlantique et que ce sont nos frères indiens qui firent les frais de cette belle rhétorique...

A l’aube du troisième millénaire, les teneurs de rênes de notre planète nous ont inventé deux fléaux terribles : l’Immigration et le Terrorisme. Mais leur courte vue, leurs calculs mesquins et leur inextinguible soif de Pouvoir leur font oublier qu’ils sont eux-mêmes les créateurs de ces calamités. Il est un proverbe bien français qui dit : "Ventre affamé n’a point d’oreille"... Pouvons-nous penser que les gens bien nourris aient envie de quitter leur pays ? Lorsque l’on accule les gens à la misère, n’est-il pas légitime qu’ils aillent chercher ailleurs ce qu’ils n’ont pas chez eux ? Nos dirigeants manqueraient-ils d’intelligence au point de ne pas comprendre que la misère est génératrice d’un lot incalculables de soit-disants méfaits ? C’est sans compter les guerres perpétrées dans certaines contrées sous de fallacieux prétextes mais dont le but principal est encore et toujours la spolliation et la colonisation. Qui ne rêve pas de s’évader de sa contrée lorsqu’elle est envahie par des armées étrangères ? Quelles solutions ont les irakiens ou les palestiniens, par exemple ? Nous n’en voyons que trois : la soumission, l’évasion ou la rébellion. Or l’évasion se traduit par l’immigration et la rébellion par "le terrorisme". L’une étant sévèrement réprimée et l’autre impitoyablement condamnée.

Nous nous trouvons-là dans une situation anachronique où les opprimés se trouvent criminalisés parce qu’ils défendent leurs droits les plus élémentaires. Ils seraient peut-être grand temps d’ouvrir les yeux sur ce que sont en train d’instaurer les individus régnant sur notre monde. En aucun cas, le vrai criminel ne peut être le Peuple qui demande simplement à manger à sa faim ou celui qui cherche à se débarrasser d’un occupant vampire.

Adriana Evangelizt

L'attrait naturel des richesses

par Ahmed ZAKI

Se trompent lourdement tous ceux qui croient pouvoir juguler les flux migratoires vers l¹Europe par la simple installation d¹artifices de dissuasion aux frontières. Ni clôtures, ni murs, ni tranchées aussi sophistiqués soient-ils ne pourront venir à bout de la tendance naturelle de l¹être humain à aller à la recherche d¹une vie meilleure et des richesses, là où elles se trouvent. Cela est si vrai qu¹à travers toute l¹Histoire de l¹humanité, les frontières n¹ont jamais constitué une barrière infranchissable, mais plutôt un lieu d¹échanges et de passage des hommes et des biens.


Et c¹est en vertu du phénomène bien connu de l¹osmose qui tend à créer une situation d¹équilibre entre deux solutions séparées par une membrane que l¹être humain migre vers les contrées, même lointaines, pour prendre sa part des richesses accumulées ailleurs, dès lors qu¹il ne peut en disposer chez lui. C¹est à ce titre que les pays d¹Europe avaient envahi l¹Amérique, puis l¹Asie et l¹Afrique durant les siècles passés, à ceci près que ces opérations ont été menées par les Etats eux-mêmes et visaient à s¹accaparer des richesses naturelles des pays en usant au besoin de violence, voire de massacres comme ce fut le cas à l¹encontre des Indiens d¹Amérique et des populations d¹Afrique noire.


Tant que le déséquilibre flagrant persiste entre le Nord et le Sud et que les puissances occidentales qui dominent l¹économie mondiale, en vertu de mécanismes qui visent à appauvrir les pays du Sud pour enrichir davantage ceux du Nord, il faut s¹attendre à ce que l¹immigration du Sud vers le Nord s¹intensifie en s¹adaptant à toutes les entraves qui peuvent être mises sur son chemin. Ce phénomène de migration n¹est d¹ailleurs pas uniquement trans-national, mais existe bel et bien au sein de tous les pays du monde, les populations se déplaçant des régions pauvres vers les régions riches, sans que quiconque y trouve à redire. Voilà pourquoi il importe que notre pays, qui a toujours été un carrefour de peuplement, un creuset de brassage de civilisations et un lieu de passage nord-sud et est-ouest joue un rôle essentiel dans la prise de conscience par ses voisins et ses partenaires d¹Europe et d¹Afrique de la nécessité d¹agir en profondeur dans le traitement de la question migratoire.


Et d¹abord en évitant de culpabiliser les migrants qui ne sont ni des criminels, ni des voleurs, mais de les prendre pour ce qu¹ils sont : des êtres humains en détresse, à la recherche d¹une vie digne, qui méritent respect et soutien pour leur permettre de se sortir de griffes des réseaux de trafiquants d¹immigration clandestine qui s¹enrichissent à leurs dépens. Or, c¹est contre ces réseaux là que doit s¹attaquer la répression pour les empêcher de s¹enrichir sur le dos des candidats à l¹émigration clandestine, sachant que leurs «chefs» ont, le plus souvent, pignon sur rue et ne sont pas inquiétés par les services de police et de la gendarmerie dès lors qu¹ils sont prêts à corrompre les agents véreux qui pullulent.


Toujours est-il que la solution réelle à la question de l¹immigration clandestine passe par la réduction des disparités entre le Nord et le Sud à travers une politique de co-développement permettant aux pays anciennement colonisés de s¹insérer dans l¹économie mondiale, dans le cadre d¹échanges équilibrés et avantageux pour les uns et les autres.


Force est de constater, malheureusement, que tel n¹est pas encore l¹état d¹esprit qui prédomine dans le monde occidental où l¹on continue à pratiquer, d¹une manière détournée et douce, l¹exploitation coloniale.

Sources : AL BAYANE

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 25 janvier 2006

Le gouvernement reste peut-être déterminé mais il ne pourra rien faire. C'est une certitude. ON est tributaire de l'UE et de ses diktats...

TVA : le gouvernement reste "déterminé"

Après le refus de l'UE mardi, le gouvernement français redit sa "détermination totale" à obtenir une diminution de la TVA dans le bâtiment et la restauration.

Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a fait part mercredi 25 janvier de la "détermination totale de la France" à convaincre ses partenaires européens sur la diminution de la TVA dans le bâtiment et la restauration.
S'exprimant sur l'éventuelle diminution de la TVA pour le bâtiment, Jean-François Copé a fait part, en rendant compte des travaux du conseil des ministres, de la "très, très forte détermination de la France (...) pour convaincre l'ensemble de nos partenaires" européens.
Lors des discussions entre les ministres européens des Finances, mardi, "des progrès très significatifs ont été accomplis", mais "il reste trois pays qui ont demandé un temps de réflexion concernant ce sujet d'ici la fin de la semaine", a-t-il reconnu.
"Je veux dire naturellement que la détermination de la France est totale à les en convaincre, comme d'ailleurs sur l'autre volet concernant la TVA restauration", a-t-il assuré, reconnaissant que la TVA bâtiment et la TVA restauration étaient "bien deux sujets distincts".

"Conversation close"

Les ministres européens des Finances n'ont pas pris de décision mardi sur les services pouvant bénéficier d'un taux réduit de TVA dans l'UE, en raison de l'opposition de la République tchèque, de la Pologne et de Chypre.
Le président Jacques Chirac avait admis lundi, après un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel, que la France avait peu de chances d'obtenir gain de cause à Bruxelles sur la restauration.
La présidence autrichienne propose de prolonger les taux réduits de TVA dans le bâtiment jusqu'à la fin 2010, sans étendre cette dérogation à la restauration.
Pour Thierry Breton, le ministre français de l'Economie, dont le pays, comme huit autres, applique déjà une TVA réduite pour la rénovation d'immeubles, "la négociation est close" et cette mesure sera bien prolongée jusqu'à la fin de 2010.

"Unité"

Mais le vice-ministre tchèque des Finances, Tomas Prouza, a souligné que son gouvernement se réunirait mercredi pour prendre sa décision et n'a pas exclu un veto ce qui, dans ce domaine, mettrait les pays qui continuent à l'appliquer dans l'illégalité.
"Il n'y aura pas de compromis pour le bien de l'unité européenne", a-t-il déclaré à des journalistes.
Le commissaire européen chargé du dossier, Lazslo Kovacs, soulignait qu'il n'aurait pas d'autre choix que de poursuivre les pays en infraction s'il n'y avait pas d'accord unanime.
Certains pays de l'Est estiment être moins bien traités que les "anciens" et Prague veut notamment garder la possibilité d'appliquer une TVA réduite jusqu'en 2015 pour la construction d'immeubles neufs, ce que les autres pays refusent.
Si la rénovation d'immeubles devra attendre la fin de la semaine, la France a essuyé une fin polie de non-recevoir pour l'extension de la TVA réduite à la restauration.

La messe est dite

La messe est dite depuis lundi soir, lorsque Jacques Chirac a dû prendre acte de l'intransigeance de la chancelière Angela Merkel sur ce dossier qui constitue une promesse faite par le président français pendant sa campagne électorale de 2002.
Tout en promettant de "tout faire pour arriver" à son objectif, le président français s'est rallié à l'idée que la Commission européenne et des experts indépendants étudient l'impact de cette mesure en 2006, ce qui permet à la France d'affirmer que le dossier n'est pas mort et enterré.
"J'ai obtenu que l'on puisse réaliser à l'horizon 2007 une étude indépendante par la Commission sur l'impact pour les secteurs à haute intensité de main d'oeuvre, dont la restauration", a expliqué Thierry Breton à Bruxelles.
Mais cette étude ne devrait pas faire l'objet d'un accord avant la mi-2007, ce qui implique que la baisse de la TVA dans le domaine de la restauration attendra 2008 au mieux.

La différence empochée

En outre, la Commission européenne avait déjà conclu il y a deux ans que la mesure ne permettrait pas d'accroître l'emploi, la différence étant empochée par les restaurateurs.
L'Allemagne est en fait prête à accepter une TVA réduite de 19,6 à 5,5% pour la seule restauration en France, mais son refus de toute concession aux autres pays, qui ont des revendications dans d'autres secteurs, empêche de trouver un équilibre.
La coalition au pouvoir à Berlin craint surtout d'être soumise à la pression de ses propres restaurateurs soucieux de bénéficier de la même manne au moment où elle ferme les niches fiscales et veut faire passer la TVA de 16 à 19%.
Pour Breton, la nouvelle n'est pas si mauvaise: il n'aura pas à trouver les trois milliards d'euros (quatre avec les boissons) que coûterait la mesure en période de déficits élevés.

Colère

Mais la France doit maintenant faire face à la colère de ses restaurateurs, dont le lobby principal, l'UMIH, le syndicat patronal qui représente le secteur de l'hôtellerie en France, a annoncé que ses adhérents se transformeraient en "terroristes" si les autorités françaises n'obtenaient pas gain de cause.
L'UMIH appelle d'ailleurs la France à réduire unilatéralement sa TVA dans la restauration, ce qui la mettrait dans l'illégalité la plus totale: une procédure devant la Cour de justice serait automatiquement lancée, les sommes engagées devraient être remboursées et de lourdes amendes infligées.
Les autorités françaises allègeront l'impact en prolongeant, comme l'a promis Chirac, l'allègement des charges sociales sur la restauration, soit un coût de deux milliards d'euros par an.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a reçu mardi soir les représentants de la profession pour envisager l'avenir.

Sources : LE NOUVEL OBSERVATEUR

Posté par Adriana Evangelizt

Par EVANGELIZT
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Vendredi 22 septembre 2006

Quand on lit cet article, on aurait franchement envie d'avoir les esclavagistes en face de nous. Sans rire.

Esclaves en Italie

par Jean-Jacques Bozonnet

C'est une masure abandonnée, ouverte aux quatre vents. Une ruine au milieu de nulle part, une " casolare" comme il en existe tant sur les hautes terres de la province de Foggia, dans le sud de l'Italie. L'endroit est écrasé de soleil, silencieux, beau et lugubre comme un décor de Sergio Leone. A l'intérieur, les trois pièces sont jonchées de matelas crasseux et de couvertures roulées en boule. Le vent s'engouffre par la fenêtre fracassée, fait claquer la porte d'entrée en fer.

Sinistre, ce coin des Pouilles l'était encore davantage quand Stanislaw Fudalin y a débarqué, dans la nuit du 5 au 6 janvier, après un épuisant voyage en minibus depuis Cracovie. Les vitres étaient déjà cassées, la porte ne fermait déjà pas. Ce Polonais de 51 ans y a séjourné près d'un mois avec huit de ses compatriotes, sans eau, sans électricité, sans autre chauffage que les branchages qu'ils ramassaient alentour pour alimenter une cheminée délabrée. De l'aube au crépuscule, ils trimaient aux champs ; la nuit, ils luttaient contre le froid, la faim et le désespoir.

"L'idée folle de rentrer en Pologne à pied m'a traversé l'esprit", sourit aujourd'hui Stanislaw. Mais où se diriger quand on ignore où l'on est ? L'immensité du paysage valait prison. Toute envie de fuite leur avait été ôtée, dès l'arrivée, par le "comité d'accueil" : deux Polonais et surtout "Pedro", un Ukrainien qui faisait régner la peur, une arme à la ceinture, le coup de matraque facile. Ses menaces résonnent encore aux oreilles de Stanislaw Fudalin : "Il nous disait : "ici, la loi c'est moi, vous êtes mes esclaves. Si vous essayez de partir, je vous retrouverai et je vous massacrerai. C'est dans un sac en plastique que vous retournerez en Pologne.""

Stanislaw et ses compagnons ont réussi à tromper la surveillance, un peu par miracle, beaucoup grâce au consulat de Pologne, venu les récupérer nuitamment dans une fourgonnette. Leurs témoignages, ajoutés à une trentaine d'autres, ont permis aux services spéciaux des carabiniers de libérer, le 18 juillet, dans plusieurs communes des environs, 113 travailleurs agricoles polonais, exploités comme eux dans des conditions inhumaines. Au cours de ce raid, les forces de l'ordre ont arrêté Pedro et 26 autres personnes - des Polonais, des Ukrainiens, un Algérien, un Italien -, toutes mises en examen pour "trafic d'êtres humains" et "réduction en esclavage".

C'est ainsi que l'Italie a appris l'existence sur son territoire de "véritables camps de travail forcé", selon l'expression du procureur national antimafia, Pietro Grasso. L'enquête, baptisée "Terre promise", conduite en collaboration avec la police polonaise, a permis de démanteler une filière de main-d'oeuvre clandestine qui fonctionnait depuis au moins deux ans entre le sud de la Pologne - où une vingtaine de trafiquants ont été mis sous les verrous - et la région de Foggia.

Dans ce "triangle des tomates", où l'on récolte chaque été des millions de tonnes de précieux fruits rouges, les journaliers de l'Est ont peu à peu remplacé les Marocains, mais personne n'imaginait leur condition d'esclaves modernes.

Ces ressortissants de l'Union européenne travaillaient sans contrat, enduraient des privations, des humiliations, des coups. "Et parfois pire", ajoute un enquêteur. Le procureur antimafia de Bari, Lorenzo Lerario, a décidé de rouvrir les enquêtes sur quatorze morts suspectes de Polonais, survenues depuis deux ans dans les environs de Foggia.

Jusque-là, on pensait à des rixes entre travailleurs immigrés, des accidents, des morts naturelles. Chaque cas était traité de manière isolée. Mais le taux de mortalité, y compris par pneumonie, chez cette population plutôt jeune et robuste, est apparu "statistiquement aberrant" aux magistrats.

Certaines enquêtes avaient été franchement bâclées, comme pour ce Polonais de 45 ans dont le cadavre à demi brûlé a été retrouvé le 2 juillet 2005 devant l'ancien abattoir de la petite commune de Stornara. "Mort accidentelle", avaient conclu les carabiniers, alors que le passeport de la victime était posé, intact, sur son corps carbonisé.

L'opération "Terre promise", conclue en juillet a révélé le problème dans toute son ampleur. "Un phénomène qui ne peut être affronté seulement sur le plan répressif", nuance le procureur Lorenzo Lerario, tout en affirmant que la direction antimafia de Bari s'y emploie "avec une extrême attention et tout l'engagement possible, en parfaite collaboration avec les autorités judiciaires de Pologne".

Domenico Centrone, le consul de Pologne pour la région des Pouilles, accuse :"Les autorités locales ne voulaient pas savoir. Depuis quatre ou cinq ans, je leur mettais la pression par des courriers, notamment au préfet de Foggia, mais sans succès. On refusait de me croire." Il a fallu la découverte, le 19 août 2005, de 90 Polonais littéralement prisonniers d'un camp de travail à Orta Nova, petite commune au sud de Foggia, pour dessiller les yeux des responsables. M. Centrone, chef d'entreprise de 49 ans, lui-même industriel dans l'agroalimentaire, a hébergé, et même embauché, plusieurs "rescapés". Il les a convaincus de porter plainte.

Bien que libres, beaucoup refusaient en effet de parler, par peur de représailles. "A les écouter, tout allait bien, ils étaient au Hilton", se souvient un carabinier. Depuis la révélation du scandale, le climat est resté délétère dans la région. Toutes les bandes n'ont pas été éliminées, et les autorités déconseillent aux journalistes de s'aventurer sans escorte dans certaines zones.

Une fois transférés à Castellana Grotte, petite ville à 150 kilomètres au sud de Foggia, où le consulat polonais a son siège, les plus courageux ont accepté de raconter leur histoire sur procès-verbal. A quelques variantes près, toujours la même : une petite annonce lue dans un journal ou sur Internet, la promesse d'un emploi correctement payé (5 à 6 euros de l'heure, nourris, logés), un emprunt à la banque ou à la famille pour payer les 200 à 400 euros du voyage, un minibus qui tourne des heures dans la campagne italienne en attendant la nuit, puis l'arrivée en enfer.

Marek Pajestka, 45 ans, conserve dans le regard l'effroi du premier jour. C'était en juin 2005 : "Les "caporaux" nous ont emmenés à 4 heures du matin dans un champ d'artichauts où nous avons travaillé pendant six heures, puis dans un champ de tomates pour dix heures encore, sans la moindre pause." Cette cadence quotidienne de 16 heures allait être sa routine pendant deux mois. A 6 euros de l'heure, le jeu en aurait encore valu la chandelle pour ce cariste au chômage, trapu, peu économe de ses efforts. Mais dans le camp d'Orta Nova, que les travailleurs exténués regagnaient vers 22 h 30, il fallait payer pour survivre, rien n'était gratuit. Sauf la violence. Pour dormir dans la baraque, entassé avec 60 autres bagnards, le tarif était de 5 euros par jour. Dans une tente igloo, à même le sol : 3 euros. Le prix de la nourriture (pain, pâtes) et des bougies (il n'y avait pas d'électricité) était défalqué du compte. Le comble ? Les esclaves devaient débourser 1 euro chaque matin pour être transportés dans les champs ! Et malheur à ceux qui tombaient malades : 20 euros d'amende par jour non travaillé. "J'ai perdu tout espoir d'être payé le jour où ils se sont mis à six pour rouer de coups un grand costaud qui réclamait sa paie, explique Marek. Ensuite, ils l'ont traîné en sang à l'extérieur du camp, au bord du chemin. Ils criaient : "Tu as deux heures pour disparaître, sinon on te tue".

Jakub Olszewski, 21 ans, a échoué dans le même enfer. Enfant d'une famille modeste, "Kuba" espérait financer ses études d'architecture grâce à ce job. "C'est l'oncle d'un copain qui en avait entendu parler", explique-t-il. En trois semaines, le jeune homme a perdu 7 kg. Il avait perdu tout espoir de s'en sortir lorsque les carabiniers ont fait irruption. "Il n'y avait pas de latrines et seulement deux douches, disons deux tuyaux, pour une centaine de personnes", dit-il.

Marek et Kuba décrivent un espace clos de murs surmontés de barbelés. La nuit, des chaînes condamnaient le portail. A l'extérieur, une enseigne mangée de rouille rappelle qu'il y avait là, naguère, une discothèque, l'exotique "Club Paris". La seule lueur venait d'un local voisin où les "caporaux" avaient leur quartier général.

Tous les saisonniers, qu'ils soient polonais, roumains, africains ou italiens, parlent des "capos". Le caporalato est un phénomène aussi vieux que l'agriculture dans cette région de grands domaines latifundiaires où les propriétaires terriens ne traitent jamais directement avec la main-d'oeuvre. De tout temps, ce sont les caporali qui recrutent les journaliers, les véhiculent dans les champs, organisent leur travail, les paient, avant de les raccompagner le soir chez eux. Ce système est la plaie endémique d'une agriculture fondée sur le travail au noir. Mais avec la disparition des saisonniers italiens, remplacés par des clandestins, les méthodes des nouveaux "capos" ont dérivé vers la violence et la coercition.

Au "Club Paris", le chef des gardes-chiourmes, Mariusz, était polonais. Cet homme patibulaire, le corps couvert de tatouages, s'est illustré par sa violence. Personne ne l'a oublié : "Dès que je l'ai vu, le soir de mon arrivée, j'ai su que j'étais mal", raconte Kuba. Aujourd'hui, Mariusz est en prison. Mais combien d'autres "capos" ont pris le relais, dans cette zone où plus de 7 000 ouvriers agricoles clandestins s'affairent à la récolte de l'"or rouge" ? Les brigades de carabiniers cachent à peine leur impuissance : "Comment contrôler une main-d'oeuvre invisible et nomade ?", demande l'un des neuf hommes de la caserne d'Ascoli Satriano, devant la carte de la commune qui s'étend sur 334 km2.

Ce jour-là, jeudi 14 septembre, le commandant des carabiniers d'Ascoli reçoit dans son bureau un couple de Polonais qui n'ont plus de nouvelles de leur fils Gregorz, 28 ans, depuis deux ans. Lui aussi était parti du sud de la Pologne pour l'Italie et la promesse d'un bon salaire. Fait-il partie des "disparus du triangle des tomates" ?

Les autorités de Varsovie ont recensé 119 personnes parties pour l'Italie depuis 2000 et dont on est sans nouvelles. La moitié auraient disparu dans les environs de Foggia. La police polonaise vient de publier sur son site Internet les noms et les photos de ces hommes et de ces femmes. Un avis de recherche géant que l'ambassade de Pologne à Rome a transmis officiellement à la justice italienne.

Les parents de Gregorz Kusz sont venus dans les bagages d'une équipe de la télévision polonaise qui multiplie les reportages sur l'affaire. Ils ont laissé une photocopie du passeport de leur fils à la caserne d'Ascoli Satriano, comme partout où ils vont. Mais l'espoir est mince : "Comment chercher efficacement des gens dont on ne sait même pas s'ils sont arrivés", plaide un magistrat. Pourtant, la publicité donnée à ces disparitions semble avoir réveillé les ardeurs au parquet de Foggia. Des dossiers sortent des tiroirs, un travail de recoupement d'informations a été entrepris.

Des écoutes téléphoniques recueillies pendant l'enquête "Terre promise" ont de quoi inquiéter sur le sort des disparus. On entendait notamment un "capo" confier à sa petite amie toute sa colère après la fuite de deux journaliers : "Je ne leur permettrai pas de se comporter comme cela. Aujourd'hui je vais dans les champs et j'en tue deux à titre d'exemple".

Vantardise macabre ou menace réelle ? Kuba Olszewski n'a assisté qu'à des passages à tabac à coups de poing et de pied : "Certains disparus ont peut-être été tués, admet-il, mais je crois que la plupart sont encore vivants, qu'ils travaillent toujours quelque part. Ils ont emprunté de l'argent à leur famille pour venir, ils ne veulent pas rentrer au pays sur un tel échec." Le jeune homme a un pâle sourire : "Ils sont morts de honte."

Sources : Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

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Dimanche 20 juillet 2008

Les dépenses communautaires sont illégales et irrégulières
Selon le rapport de la Commission elle-même


L’aveu est discret, en page 250, du rapport. Mais il en dit long sur le double langage pratiqué par les plus hautes instances européennes. A la presse, M. Barroso déclare "nous avons, au sein de l’Union, des règles budgétaires très strictes. C’est la Commission qui est responsable des dépenses devant le Parlement européen, la Cour des comptes européenne, et les États membres. C’est de l’argent public." (Interview à la Croix du 22 mai 2008)

Mais, dans son rapport officiel, la Commission tient un discours à 180°, sans doute pour amadouer la Cour des comptes européenne qui est en train de travailler sur son rapport pour l’année 2007, :

Le 13 novembre, le président de la Cour des comptes a présenté au Parlement européen le rapport annuel relatif à l’exercice budgétaire 2006 . Ce rapport met en lumière quelques améliorations, en particulier dans le domaine des dépenses agricoles. Toutefois, des erreurs continuent à affecter la légalité et la régularité de la majeure partie des dépenses communautaires en raison de faiblesses dans les systèmes de contrôle interne tant à la Commission que dans les États membres. ” (lire la page 250)

Si personne ne réagit, c’est sans doute que ce rapport n’est lu par personne. Pourtant, tout est dit dans cette phrase officielle. Non seulement l’Europe est illégitime en étant imposée aux peuples contre leur gré, mais elle reconnaît par la voix de sa plus haute institution se vautrer dans l’illégalité.

Il faut donc que les pêcheurs qui doivent disparaître, les routiers qui ont déjà disparu, les industriels qui ont dû quitter l’Europe et tous ceux qu’on sacrifie méthodiquement sur l’autel des lois européennes soient conscients que ceux qui imposent ces lois destructrices reconnaissent officiellement s’affranchir de la légalité dans la majeure partie de leur dépenses !

Dans ces conditions, peut-on continuer à faire semblant en continuant à négocier telle ou telle mesure avec l’omnipotente et illégale Commission sans devenir complice d’un système intrinsèquement dictatorial ?

La réponse s’impose. Face à une dictature, il n’y a qu’une attitude possible : la combattre.

Dernièrement, on me faisait valoir que le peuple français aurait une responsabilité historique vis à vis des peuples européens qu’il avait entraînés dans cette galère en étant un pays fondateur de l’Europe ; que cette responsabilité nous interdisait de militer pour la sortie de la France de l’Union européenne.

Je répondais évidemment qu’une guerre se gagne bataille par bataille, et que la sortie de la France, en déclenchant très certainement l’effondrement rapide de cette prison de peuples, sera décisive. J’ajoute aujourd’hui que la meilleure façon d’assumer cette responsabilité historique consiste précisément à détruire cette prison.

Il faudra ensuite que chaque nation redevenue libre renoue avec une profonde exigence démocratique et choisisse librement sa voie. Le rassemblement libérateur concerne tous ceux qui sont attachés à la liberté et à la démocratie, quelles que soient par ailleurs leurs préférences politiques, plus sociales pour les uns, plus libérales pour les autres. Anticiper sur ces discussions qui viendront en leur temps ne conduit qu’à la division, donc à l’immobilisme et à nier aux peuples la possibilité d’opérer de vrais choix après avoir retrouver leur liberté.

Post-scriptum :

For the attention of our english and irish friends :

Court of Auditors

Annual report

On 13 November the President of the Court of Auditors presented its annual report for 2006 to the European Parliament (4). The report notes a number of improvements, especially with regard to agricultural expenditure. But it says that the legality and regularity of most Community expenditure continues to be affected by errors/

, owing to weaknesses in the internal controls at the Commission and in the Member States.



Sources Decapactu

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