UNION EUROPEENNE ET PAYS NEO NAZI

Samedi 21 mai 2005

UN SCANDALE ETOUFFE AU SEIN DE L’UNION EUROPEENNE :
REVISIONNISME PRO-NAZI ET DISCRIMINATIONS ETHNIQUES
DANS LES PAYS BALTES !

 

par Luc MICHEL

 

Au sein même de l’Union Européenne, à Riga (Lettonie) et Tallin (Estonie), les plus hautes autorités et les gouvernements soutiennent des activités néo-nazies et développent un négationnisme visant à réhabiliter les anciens SS et à nier les crimes du génocide nazi. Le tout dans le silence assourdissant de Bruxelles et de la plupart des groupes antifascistes ou juifs.

Nous dénonçons depuis 1998 cette situation, qui est devenue intolérable avec l’entrée des pays baltes dans l’Union Européenne en 2004. Et nous menons maintenant une Campagne européenne « Riga-Tallin-Bruxelles : Pas de gouvernements pro-nazis dans L’Union Européenne ».

On se souvient de la juste colère de Bruxelles contre l’entrée de l’extrême-droite autrichienne au gouvernement en 2000. Où sont aujourd’hui les protestations et les mesures concrètes contre un scandale infiniment plus grave ?

Le fait que les gouvernements baltes sont les nouveaux caniches exemplaires de l’OTAN explique-t-il ce silence honteux ?

Ajoutons que Riga viole également les droits démocratiques des minorités – russophones – telles qu’ils sont garantis par l’Union Européenne et pratique un nettoyage ethnique rampant.

A quelques jours du 60e anniversaire de la victoire sur le Nazisme, l’actualité nous rappelle que Riga n’a pas sa place dans l’Union Européenne.

Ce 27 avril, le parlement municipal de Riga a une nouvelle fois interdit aux associations russophones de manifester. Le directeur exécutif de Riga, Eriks Skapars, a rejeté la demande du « Congrès uni des communautés russes de Lettonie » – une formation politique légale – et de l’ « Etat-major pour la protection des écoles russophones » – un syndicat éducatif – qui voulaient organiser un rassemblement devant le monument de la Liberté, au centre de Riga.

Cette manifestation devait rassembler un millier de personnes. Son but était d’appeler les autorités lettones à ratifier sans réserves la « Convention-cadre sur la protection des minorités nationales » dont le parlement et le gouvernement sont en train d’examiner le texte.

Les autorités veulent ratifier la Convention avec des réserves inacceptables excluant les Russes de Lettonie (près de la moitié réelle de la population du pays et la majorité à Riga) de la liste des minorités nationales.

Le parlement municipal a plus d’une fois interdit les manifestations des associations russophones. Par contre, les organisations nationalistes néo-fascistes lettones – dont celle (légale) des anciens SS lettons – n’ont pas de peine à obtenir une autorisation pour manifester dans le centre-ville.

Ainsi, lors d’une conférence historique au Danemark, le ministre letton des Affaires étrangères, Artis Pabriks, a qualifié les marches annuelles des ex-SS lettons au centre de Riga de « modestes processions d’anciens combattants » (sic), que la Russie interpréte fort justement comme une renaissance du nazisme en Lettonie. Selon lui, l’assistance que les pays baltes ont prêtée aux nazis pendant la Seconde Guerre mondiale serait « un mythe et un exemple de la désinformation soviétique ». Il a ajouté évoquant les anciens SS letons – dont le premier fait d’arme a été le massacre des juifs de Riga – qu’ « il est plutôt triste de voir une procession d’anciens combattants aux cheveux blancs interprétée par la machine propagandiste comme la renaissance du nazisme » (sic).

Moscou considère avec raison les processions des ex-SS, souvent en présence d’officiels et d’officiers d’active, comme « une action amorale et inadmissible ». « Seule une logique dénaturée peut expliquer la situation où des légionnaires défilent au centre de la capitale lettonne et la police use de la force contre les antifascistes », selon un communiqué du Ministère russe des Affaires étrangères publié contre la marche « traditionnelle » des anciens SS et des nationalistes qui ont eu lieu cette année. « Le plus cynique est que ces actions aient obtenu l’aval des autorités qui, en prévision du 60e anniversaire de la victoire sur le fascisme cherchent obstinément dans les capitales européennes un soutien à la politique de Riga censée réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale et le verdict de Nuremberg qui a baptisé les SS une organisation criminelle », selon le ministère russe.

La présidente lettone Vike-Freiberga, elle, développe directement un discours négationniste, niant le génocide nazi, du même type que celui qui vaut des condamnations pénales aux dirigeants du Front National, ou aux néonazis comme Ernst Zündel.

Evoquant le camp de concentration de Riga, qualifié fort justement d’ « Auschwitz letton » (plus de 100.000 morts et des expériences sur des enfants), elle parle dans un ouvrage officiel – parrainé par le Gouvernement américain – de « camps de rééducation par le travail » !

La question du révisionnisme balte a rebondi une seconde fois à l’occasion du « débat » ouvert pour le 60e anniversaire de la victoire soviétique du 9 mai 1945 sur le Nazisme.

Un faux « débat » – parce qu’il n’y a rien à débattre et que les véritables questions sur le sujet sont ailleurs. Les politiciens révisionnistes des états baltes n’ont été dans cette affaire – attitude qui leur est traditionnelle depuis 60 ans – que les porteurs de valise de la politique impérialiste américaine et atlantiste en Europe de l’Est.

Ce qui a permis ce pseudo débat, c’est d’une part le travail de sape mené depuis plus d’une décennie par l’Ecole historique révisionniste atlantiste sur la victoire antinazie de 1945 et d’autre part la méconnaissance fondamentale des media et politiciens occidentaux sur l’histoire des Pays baltes et de l’Europe orientale. On voit ainsi des media importants – comme LE FIGARO – poser des questions qui ont reçu depuis longtemps leurs réponses et reprendre sans aucun recul critique les mensonges de la propagande – qui vise notamment à réhabiliter les fascismes locaux – des régimes baltes.

NOUS COMMENCERONS DONC PAR RAPPELER QUELQUES FAITS HISTORIQUES OUBLIES OU MECONNUS, PARCE QU’ILS DEMONTRENT QU’IL N’Y A ICI AUCUN DEBAT :

La Lettonie a été un des foyers révolutionnaires de 1917-1920 et a fourni à la Révolution bolchévique de nombreux cadres (à commencer par les régiments de fusiliers lettons qui ont protégé Lenine à Petrograd). C’est l’intervention armée des « corps francs » allemands proto-fascistes et de la Flotte britannique (qui agissait dans le cadre de l’intervention occidentale contre les Bolchéviques de 1918-1921 aux côtes des Armées blanches contre-révolutionnaires) qui a empêché la Lettonie de devenir une république soviétique dès 1918.

Au cours des années 20 et 30, les régimes baltes ont évolué vers le fascisme et ont développé des législations antisémites (notamment un statut spécial sans droits civiques pour les juifs lettons).

Une partie importante de la classe politique balte est issue de cette matrice pro-fasciste. Cette situation explique pourquoi la collaboration pro-nazie a été si importante en 1941-45 et la participation directe des Baltes à l’organisation et à l’exécution du génocide des juifs. Elle explique aussi le rôle important des fascistes baltes émigrés après 1945 – et revenus au pouvoir après 1990 – dans le combat antisoviétique. Le révisionnisme des régimes baltes, tel qu’il s’étale à l’occasion du 9 mai, est directement issu de cette matrice idéologique (1).

En 1940, les pays baltes entrent – légalement et selon les lois internationales – dans l’URSS, qui libère son territoire en 1944-45. Le Kremlin réfute donc le terme d’ « occupation » avancé par les régimes baltes à propos de leur intégration dans l’URSS. « Plusieurs pays tentent de récrire l’histoire à leur avantage en profitant du contexte », estime le journal moscovite IZVESTIA.

L’arrivée des Nazis en juin 1941 sonne l’heure de la revanche pour la bourgeoisie balte, accueillant à bras ouvert les armées allemandes, fournissant légions SS et formations policières, dont la première tache sera le massacre des juifs, dont bien peu survivront.

L’épuration soviétique de 1945, qui vise plusieurs dizaines de milliers de baltes dans trois pays où la base de la collaboration pro-nazie a été importante, frappe les collaborateurs des nazis et notamment ceux qui ont participé au génocide des juifs. Ce qu’oublient les révisionnistes baltes. Elle est de même nature que celle opérée en France, Belgique ou Italie.

La participation directe des fascistes baltes au génocide juif, particulièrement en Lettonie – ce que nie la Présidente lettone Vike-Freiberga qui tient des propos négationnistes, où le camp nazi d’extermination de Salaspils – l’ « Auschwitz letton », près de Riga, où les nazis réalisèrent des expériences médicales sur des enfants – devient un « camp de travail correctif » (2) – n’est nullement discutable ni discutée. Notamment après les travaux de l’historien letton Andrew Ezergailis (3).

De 1940 à 1990, les pays baltes font partie de l’URSS. Ils sont administrés par une classe politique locale et disposent de l’égalité des droits, notamment en matière culturelle. Les langues baltes sont des langues officielles de l’URSS. Et, selon la politique stalinienne, les cultures locales sont non seulement favorisées mais développées. Parmi les dirigeants soviétiques qui s’opposent à l’éclatement de l’URSS en 1988-91, on trouve de nombreux baltes. Notamment le colonel letton Victor Alknis, dirigeant du groupe Soyouz – le plus pro-soviétique – au Soviet suprême d’URSS, aujourd’hui député de la Douma russe.

1991 voit le retour des émigrés pro-fascistes. Trois exemples parlent d’eux-mêmes : la Présidente lettone a un passeport canadien, le précédent président lithuanien avait la nationalité américaine, Janis Kazocinu le chef de la Sûreté lettone est un « ex » général britannique et le général Jonas Kronkaitis commandant l’armée lithuanienne est un général de l’US Army « à la retraite » (4). La réhabilitation des anciens fascistes, y compris les légionnaires SS, avec l’accord des gouvernements et de la nouvelle classe politique balte, est immédiate dans les trois pays baltes (avec un bémol en Lithuanie depuis 1998).

La population des pays baltes n’est homogène dans aucun des trois pays, bien au contraire. On y trouve des minorités importantes (qui en Lettonie notamment forment la majorité de la population réelle) : non seulement russes – 40% en Lettonie et 80% à Riga –, mais ukrainiens, biélorusses, polonais, juifs (rescapés du génocide). La citoyenneté étant définie selon le droit du sang et l’origine ethnique dans les pays baltes, les minorités n’ont pas les droits civiques et politiques (qu’ils ne peuvent acquérir qu’après un processus long et difficile). La majorité des minorités de Lettonie est donc constituée de non-citoyens en raison de leur ethnie, y compris plus de 20.000 juifs de Lettonie. Des citoyens de seconde zone, privés de passeports, de droits civils et politiques. A Riga, la capitale lettone, la langue russe est bannie, totalement absente. Mais les Russes y représentent pourtant près de 80 % de la population !

Voilà tout ce que les media aux ordres de l’OTAN ne disent pas. En donnant la parole à grande échelle aux révisionnistes baltes, la presse européenne et les politiciens européens – comme Blair, le 1er ministre belge Verhofstad (5) ou le Danois Uffe Ellemann-Jensen (6) – se font directement la complice du révisionnisme et du négationnisme baltes (7).

QUANT AUX VRAIES QUESTIONS DU FAUX « DEBAT »
SUR LA VICTOIRE SOVIETIQUE DU 9 MAI 1945, LES VOICI :

1. Le Président US Georges Bush – dont le grand-père Prescot Bush était le banquier du IIIe Reich et a fait fortune en exploitant le travail des détenus d’Auschwitz (8) – est-il bien placé pour diffamer l’Armée rouge qui a libéré Auschwitz ?

2. La présidente lettone Vike-Freiberga – qui vient de tenir des propos négationnistes concernant le camp nazi de Riga, le « petit Auschwitz letton », qui lui vaudraient des condamnations criminelles en France, en Belgique ou en Allemagne –, est-elle compétente pour attaquer l’URSS de Staline qui a vaincu le Nazisme ?

3. La Lettonie et l’Estonie – qui autorisent officiellement les manifestations à la gloire des anciens SS, acteurs de la barbarie nazie, et dont des centaines de milliers d’habitants se voient refuser tous droits civiques et politiques en raison de leur origine ethnique russe, ukrainienne, polonaise ou juive – ont-elles leur place dans l’Union Européenne ?

4. Que dirais-t-on ailleurs en Europe si, comme c’est le cas pour plus de 20.000 juifs de Lettonie, on refusait à des juifs la citoyenneté et les droits politiques et civiques en raison de leur origine ?

5. L’Ecole des cadets de l’Armée estonienne porte le nom du Colonel Rebane, commandeur de la Légion SS locale. Elle a été inaugurée en présence d’officiers supérieurs de la Bundeswehr et de l’OTAN. Des officiers supérieurs lettons assistent aux marches des anciens SS lettons à Riga. L’OTAN – dont la Lettonie et l’Estonie sont aujourd’hui membres – avalise-t-elle la réhabilitation des anciens SS ?

6. Pourquoi les gouvernements de l’Union Européenne et le Parlement européen – où les députés néo-fascistes des trois pays baltes multiplient les provocations anti-russes – se taisent-ils, eux qui hurlaient si fort lors de l’entrée de l’Extrême-droite au gouvernement autrichien en 2000 ?

7. Les Organisations sionistes et les groupes alimentaires qui font profession d’antifascisme – les questions du nazisme réel dans les pays baltes et la famille Bush sont aux abonnés absents dans Ras l’Front-Reflexes-RésistanceS-Amnistia et autres imposteurs – ont-ils encore une quelconque utilité ?

ASSEZ D’IMPOSTURE ET DE MENSONGES !

 

 

NOTES ET RENVOIS :

(1) Le parcours du colonel estonien Alfons Rebane symbolise cette situation : dirigeant fasciste avant 1941, commandeur de la légion SS estonienne de 1941 à 1945, dirigeant de maquis fasciste – aidé par la CIA et le Groupe Gehlen – jusqu’en 1947 en Estonie (où il trouve la mort en 1947 croix de fer nazie au col), réinhumé en Estonie en 2000 en présence d’officiers supérieurs de la Bundeswehr et de l’OTAN, l’Ecole de cadets de l’armée estonienne (membre de l’OTAN) porte son nom (que dirait-on si l’école de cadets de l’Armée belge portait le nom de Degrelle ou celle de l’Armée française le nom de Doriot ?)

(2) Le quotidien Voltaire rappelait les liens de Vaira Vike-Freiberga et de son mari avec les milieux fascistes lettons : « Une manifestation de Waffen SS s’est tenue, le 16 mars 2005, au cœur de la capitale d’un État nouvellement membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la Lettonie. Les autorités ont choisi de l’autoriser et de réprimer durement les citoyens qui protestaient. Loin d’être un fait divers, cet évènement est l’aboutissement d’un processus de négation de l’extermination et de réhabilitation du nazisme conduit par la présidente de la République, Vaira Vike-Freiberga (…) Il ne s’agit pas là d’un affrontement folklorique entre skinheads d’extrême droite et d’extrême gauche, mais d’un acte politique mûrement réfléchi, personnellement organisé par la présidente de la République, marquant l’aboutissement d’un rapide processus de réhabilitation du nazisme. Il ne s’agit pas non plus d’une répugnante provocation à usage interne, mais d’une stratégie internationale pilotée par l’OTAN, de gages délibéremment donnés à des organisations clandestines que l’on tient à remercier pour leur contribution à la désoviétisation de l’Europe et qui sont déjà associées à divers gouvernements, notamment en Ukraine « orange » (…) Le professeur Vaira Vike-Freiberga joue un rôle central dans ce dispositif. La famille de cette canadienne, qui a fuit la Lettonie à la chute du Reich, était liée aux agents nazis des réseaux stay-behind de l’OTAN, via une association clandestine destinée à la diaspora, Les Faucons de la rivière Daugava (Daugavas Vanagi). Celle de son époux, Imants Freibergs, est passée par le camp du MI6 en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Professeur de psychologie à l’université de Toronto, spécialiste de l’influence des drogues sur le comportement humain, Mme Vike- Freiberga s’installe à Riga début 1999, prend la nationalité lettone et est élue au printemps Présidente de la République ; mandat qui lui sera renouvellé quatre ans plus tard. Au cours des dernières années, la présidente Vike-Freiberga s’est attelée à réécrire l’histoire européenne (…)

En janvier 2005, le gouvernement letton a publié un ouvrage intitulé HISTOIRE DE LA LETTONIE : XXE SIECLE. Il est précisé à l’intérieur du livre qu’il a été imprimé avec le soutien financier de l’ambassade des Etats-Unis. Le lancement a été effectué lors d’une conférence de presse de la présidente de la République. On y lit avec surprise, entre autres, que le camp de Salaspils, où les nazis réalisèrent des expériences médicales sur des enfants et où 90.000 personnes furent assassinées, n’était qu’un « camp de travail correctif » et que les Waffen SS étaient des héros de la lutte contre les occupants soviétiques. Cet ouvrage, ainsi que divers manuels scolaires, a soulevé la colère des parlemantaires et du gouvernement russe, et l’émoi dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale ».

(3) fr. Andrew Ezergailis, THE HOLOCAUST IN LATVIA, 1941-1944 : THE MISSING CENTER, Historical Institute of Latvia (June, 2002).

(4) Dans son livre KGB ET CIE, A L’ASSAUT DE L’EUROPE, Roumania Ougartchinska explique que la population lettone désabusée appelle ces émigrés « la bande des étrangers ».

« C’est dans cette perspective que le MI6 et la CIA ont pris le contrôle de la Lettonie, commente Le Quotidien Voltaire. A la faveur du chaos post-soviétique, ils y ont placé leurs hommes à la tête de l’Etat (…) À titre d’exemple, le Bureau de protection de la Constitution (SAB), notamment chargé de défendre la démocratie, est dirigé par Janis Kazocinu. Or, celui-ci est en réalité un général de l’armée britannique, devenu attaché militaire à Riga lors de l’indépendance, puis adjoint du chef d’étatmajor. Il n’a pris la nationalité lettone qu’à l’occasion de sa nomination ».

Cfr. Roumania Ougartchinska, KGB ET CIE, A L’ASSAUT DE L’EUROPE, Editions Anne Carrère, 2005, et Edward W. Baranauskas, « The Jonas Konkraitis  story », LITHUANIAN WEEKLY, Vilnius, 5-18 août 2003.

(5) Plusieurs pays occidentaux ont soutenu la présidente lettone, qui « montre clairement qu’un an après que la Lettonie a pris une nouvelle fois la place qui lui revenait de droit dans l’Europe et 14 ans après avoir regagné son indépendance, vous êtes capables d’aller de l’avant avec la réconciliation et de faire des efforts (afin de nouer) des relations constructives avec la Russie » (sic), a déclaré le Premier ministre Tony Blair dans une lettre adressée à Vike-Freiberga. Pour le chef du gouvernement belge Guy Verhofstadt, la décision de participer aux cérémonies du 9 mai à Moscou – tout en insultant la Russie – est « une forte affirmation de votre volonté et celle de votre pays de consacrer des efforts pour construire l’avenir » (resic).

Le congrès américain débat actuellement sur un projet de résolution demandant à la Russie de reconnaître et condamner « le fait qu’entre 1940 et 1991 l’Union soviétique a occupé illégalement et annexé l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ».

(6) Uffe Ellemann-Jensen, Ancien ministre des Affaires étrangères du Danemark, « Comprendre le passé et regarder l’avenir », LE FIGARO, 9 mai 2005 : « J’admire le troisième président balte, Vaira Vike-Freiberga, de Lettonie, qui a décidé de se rendre à Moscou, pour honorer ce qui le mérite et dire haut et fort ce qu’il ne faut pas dissimuler. Elle montre par ce geste la position forte de son pays en tant que membre de l’Otan et de l’Union Européenne, et adopte une attitude morale qui inspire le respect. C’est tout à son honneur » (sic).

Uffe Ellemann-Jensen ne nous dit pas ce qu’ils pensent des propos négationnistes de la présidene lettone concernant le camp d’extermination de Riga…

(7) L’historien Marc Ferro rappelle dans L’EXPRESS (« Les 100 jours qui ont changé le monde », Paris, 2 mai 2005) que le révisionnisme letton plonge ses racines dans l’idéologie atlantiste de la Guerre froide : « Ces Baltes perpétuent ce qu’on appelait alors l’ «esprit de Riga », c’est-à-dire la résistance, successivement, à l’impérialisme tsariste puis soviétique. Ce refus était incarné par des émigrés baltes aux Etats-Unis, puis par des diplomates en poste dans ces pays qui avaient contesté, en 1941, la conclusion de la « grande alliance » entre Washington et Moscou, et plus encore l’esprit de conciliation qui avait régné à Yalta. Derrière George Kennan, Loy Henderson, Charles Bohlen, diplomates et collaborateurs du Département d’Etat, ils mettaient en place le futur argumentaire de la guerre froide (…) Plus tard, ces mêmes hommes énoncèrent la doctrine du containment : bloquer les Soviétiques sur leurs positions ».

(8) Sur les rapports de la famille Bush avec les nazis, lire :

- Luc MICHEL, « PROPAGANDE ET REVISIONNISME HISTORIQUE A WASHINGTON », PCN-Infos Hebdo, 16 septembre 2003.

- Toby ROGERS, « LA FORTUNE DES BUSH ENTACHEE DU SANG DES DEPORTES ».

On parle beaucoup de « repentance », le nouveau terme à la mode. Il n’y a pas de repentance chez les Bush. Le dernier petit-fils de Georges W Bush, né en 2004, a reçu le prénom de Prescot. Celui là même du « grand ancêtre » qui collaborait avec le IIIe Reich.

 Pour plus d’informations :

HTTP://RESISTANCEEUROPEENNE.ONLINE.FR

Sur la réhabilitation des anciens SS par les gouvernements baltes, lire :

http://www.pcn-ncp.com/editos/fr/ed-000421.htm

 

 

 

Par EVANGELIZT
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Jeudi 18 mai 2006

Et encore un pays à tendance extrême-droite dans l'Union... un pays soutenu par les Etats-Unis, faut-il le rappeler, tout comme la Lettonie et l'Estonie qui ont réhabilité le nazisme... ils seraient grand temps d'ouvrir les yeux sur les pays soit-disant "démocratisés" par les USA mais plus sûrement nazifié et porteurs des futures bases de l'Otan américaines... est-ce un hasard ?

Lire aussi : Révisionnisme pro-nazi et discriminations ethniques dans les Pays Baltes

 

La Pologne vire au brun

par Jean Quatremer

Entendez-vous le silence assourdissant qui a accueilli l’entrée au gouvernement polonais dirigé par Kazimierz Marcinkiewicz des populistes anti-libéraux de Samoobrona (Autodéfense) et de l’extrême droite ultra-catholique et antisémite de la Ligue des familles polonaises, dont les chefs sont même promus au rang de «vice-premier ministre»? Andrzej Lepper, le leader d'Autodéfense, hérite du portefeuille de l'agriculture alors que Roman Giertych pourra façonner les têtes polonaises à l'éducation... Où sont les protestations indignées de nos politiques et intellectuels européens de tous bords qui avaient conspué l’entrée au gouvernement autrichien du FPÖ de Jorg Haider en 2000 ? Stefan Meller, un universitaire sans parti, qui a démissionné de son poste de ministre des affaires étrangères pour protester contre cette alliance, doit se sentir bien seul. C’est déjà un silence de même qualité qui avait été réservé à l'annonce, le 2 février dernier, du «soutien sans participation» accordé au gouvernement conservateur de Droit et justice. Seuls les médias semblent s'émouvoir de ce qui se passe dans la patrie des «plombiers polonais»…

Ce virage vers la droite extrême d’un grand Etat membre de l’Union de près de 40 millions d’habitants est pourtant préoccupant pour les «valeurs européennes» (démocratie, justice, tolérance, antiracisme, etc), qui sont la marque de fabrique de la construction européenne et que nous prétendons exporter vers le reste du monde. Mais, à bien y regarder, ce silence gêné peut se comprendre : depuis 2000, une bonne partie de l’Union semble gagnée par cette idéologie brune, mélange détonnant de xénophobie et d’antilibéralisme : la France bien sûr, où l’extrême droite, comme le rappelle mon confrère Gilles Delafon du Journal du dimanche, a réalisé un score, au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, de 19,2%, soit à peu prés le chiffre obtenu par Samoobrona et la Ligue des Familles. Au Danemark, en Italie (où Berlusconi associé à la Ligue du Nord et à l’extrême droite n’a perdu que de très peu), en Belgique (où le Vlaams Belang va sans doute devenir le premier parti de Flandre), en Norvège (hors Union, mais proche de nous), et même en Grande-Bretagne, des partis fascistes ou néo-fascistes consolident élection après élection, leur implantation.

Et là où l’on peut s’inquiéter, c’est lorsque l’on voit une partie de la gauche de la gauche (notamment en France) jouer avec les mêmes thèmes souverainistes et antilibéraux (voir mon post sur le social-souverainisme), comme on a pu le constater à l’occasion du référendum sur le projet de Constitution européenne (toujours ce fameux «plombier polonais»). Il n’y a que les démocraties récentes (Espagne, Portugal, Grèce) ainsi que l’Allemagne qui semblent immunisées contre ce virus brun qui gagne les esprits mais aussi les élections. Preuve s’il en est que la démocratie, comme la paix, est un acquis qu’il faut défendre pied à pied.

Jean Quatremer est journaliste

Sources : Europe & US

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt
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Samedi 17 février 2007

L'opuscule antisémite qui secoue le Parlement européen

Par Jean QUATREMER



Les réactions sont unanimes après les révélations de «Libération».

L'indignation est générale après la révélation par Libération, vendredi, de la publication d'un opuscule violemment antisémite signé par le député européen Maciej Giertych, l'un des fondateurs de la Ligue des familles polonaises (LPR) et père de l'actuel vice-Premier ministre polonais, Roman, lui-même président de ce parti d'extrême droite. Si l'antisémitisme de la LPR, qui participe au gouvernement polonais, n'est pas un mystère, le fait que ce livre, rédigé en anglais et intitulé Civilisations at War in Europeait été officiellement présenté et distribué à Strasbourg, en marge d'une session plénière, et que le logo du Parlement européen figure en bonne place en couverture a choqué les opinions publiques. L'Union financerait-elle des publications affirmant froidement que la «civilisation juive» n'a pas sa place en Europe ?
Pris par surprise. Pour Catherine Colonna, la ministre française des Affaires européennes, «il serait intolérable que les institutions européennes financent de tels ouvrages, même involontairement». Le groupe socialiste de l'Europarlement est sur la même longueur d'ondes : il juge «tout à fait inacceptable que des fonds publics européens aient pu contribuer au financement de ce livre, qui a été publié avec le logo de [leur] institution». Le Congrès juif européen, particulièrement choqué, «exige le remboursement [...] des frais d'impression et de diffusion». 
Les services du Parlement, pris par surprise, ont mis deux jours pour vérifier si des fonds publics avaient déjà été déboursés. Soulagé, le porte-parole du Parlement, Jaume Duch, a expliqué vendredi que tel n'était pas le cas : «Giertych n'a pour l'instant pas présenté de demande de remboursement. Et s'il le fait, elle sera rejetée car ce livre n'a aucun rapport avec l'activité parlementaire.» Le problème est que les règles internes du Parlement exigent que toute publication, pour prétendre au remboursement au titre du généreux budget de la politique de communication, affiche préalablement son logo ; et là, le mal est fait...
Déclaration commune. De même, le Parlement ne peut nier que Maciej Giertych a bel et bien utilisé ses infrastructures pour sa conférence de presse de présentation et pour distribuer son livre. «Giertych a abusé de la bonne foi du Parlement», s'emporte le libéral polonais Jan Kulakowski qui prépare une déclaration commune des députés polonais condamnant leur «hélas ! collègue». 
«Cette affaire pose une question politique», reconnaît Jaume Duch. Comme le dit un fonctionnaire européen, «on avait tout prévu sauf que la bête immonde siégerait parmi nous. Il va falloir revoir nos règles internes pour éviter l'utilisation abusive de notre institution». 

Sources Libération

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt
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