L'UE ET LA FRANCE

Jeudi 27 octobre 2005

CHIRAC DIT NON A L'EUROPE LIBERALE

 

Le président français réaffirme que la France "n'acceptera jamais de voir l'Europe réduite à une simple zone de libre échange"

A la veille du sommet européen de Hampton Court, Jacques Chirac réaffirme aujourd'hui, dans une tribune publiée ce matin dans Le Figaro et diffusée dans 25 autres quotidiens européens, que la France "n'acceptera jamais de voir l'Europe réduite à une simple zone de libre échange". Le chef de l'Etat exhorte ses partenaires à "trouver la force d'une nouvelle impulsion" pour répondre aux "inquiétudes" de leurs concitoyens.

Tribune

"Le vote du peuple français, le 29 mai, a été le révélateur d'une crise de confiance aiguë dans le projet européen. Une crise qui traverse tout notre continent", s'alarme-t-il. L'adaptation du "modèle" européen à la mondialisation - thème dont les Vingt-Cinq débattront jeudi, près de Londres - est "urgent", concède Jacques Chirac: "Demain, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union se retrouveront à Hampton Court. L'Europe (...) a tous les atouts pour être au premier rang de l'économie mondiale. Mais face à la concurrence internationale, il y urgence."
 
Recherche et défense

Jacques Chirac souhaite que l'Union européenne concentre son action sur l'innovation et la recherche, "gages de la compétitivité et des emplois de demain". Dans cette perspective, il propose de créer une facilité de dix milliards d'euros pour financer des projets innovants, sous le pilotage de la Banque européenne d'investissement (BEI). Par l'effet de levier des cofinancements publics et privés, ce mécanisme - inspiré d'une proposition de Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois - permettrait de dégager 30 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2013.
Jacques Chirac souhaite que l'Union européenne concentre son action sur l'innovation et la recherche, "gages de la compétitivité et des emplois de demain". Dans cette perspective, il propose de créer une facilité de dix milliards d'euros pour financer des projets innovants, sous le pilotage de la Banque européenne d'investissement (BEI). Par l'effet de levier des cofinancements publics et privés, ce mécanisme - inspiré d'une proposition de Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois - permettrait de dégager 30 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2013.
 
Jacques Chirac se déclare par ailleurs favorable à la création d'un "fonds d'ajustement à la mondialisation" - refusé en juin au nom de la discipline budgétaire communautaire - afin d'aider les personnes et les régions affectées par des délocalisations et des restructurations d'entreprises.
Agriculture

Autre dossier épineux, les négociations agricoles dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Jacques Chirac explique que l'Europe "a montré sa volonté de succès" en décidant d'une réforme du financement de la Politique agricole commune (PAC) dans huit ans. "Il est temps maintenant que ses partenaires fassent des propositions équivalentes dans un esprit d'équilibre et de réciprocité", glisse-t-il en conclusion à l'adresse des Etats-Unis.
Sources : L'EXPRESS
Par Adriana EVANGELIZT
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Mercredi 25 janvier 2006

Barroso est donc venu à Paris et continue à défendre la Constitution en l'état et la directive Bolkestein. Quand on voit que la TVA à 5 % est refusée par l'UE aux restaurateurs, obligeant ainsi Chirac à s'asseoir sur sa promesse, on se demande pourquoi il faut demander à l'Union la permission pour instaurer des lois qui ne concernent que la France. Il y a là comme un piège dont il sera difficile de nous sortir lorsque nous y serons engagés. Pour la simple raison déjà que tous les pays "démocratisés" par les USA et qui en font partie comme la Lettonie et ultérieurement l'Ukraine, ne seront que des chevaux de troie qui nous bloquerons, nous Français, à chaque fois que ça leur chantera.

Barroso reçu chaudement à l'Assemblée

Les tenants du "non" à la Constitution lors du référendum et le président de la Commission européenne se sont livrés dans l'hémicycle à une passe d'armes sur les réformes institutionnelles et la directive Bolkestein
Seizième personnalité étrangère à intervenir à l'Assemblée nationale, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso se souviendra de l'invitation, après avoir été vivement interpellé par le groupe socialiste et hué par les élus communistes.
Sifflets et applaudissements

"Il y a un risque en Europe que les partis qui sont en opposition dans leurs pays (...) puissent transférer sur le plan européen leur fonction d'opposition", avait d'abord regretté l'ancien Premier ministre portugais, déplorant que l'organisation qu'il dirige ait été "dès le début" caricaturée comme libérale. Avant de lancer, porté par un concours de sifflets et d'applaudissements : "Je vous demande, à ceux qui sont pour l'Europe, de faire un effort, de mettre au-dessus des divergences politiques et idéologiques le compromis pour l'Europe".
Le président du groupe communiste, Alain Bocquet, a réclamé le "retrait pur et simple" de la directive sur la libéralisation des services, dite directive Bolkestein, autour de laquelle l'opposition à la Constitution européenne s'était cristallisée au printemps dernier. De son côté, le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, a dénoncé "l'obstination" de l'exécutif européen à maintenir ce texte, qui doit être examiné par le Parlement de Strasbourg le 14 février.
La France, qui compte déjà 700 entreprises en Pologne, "a tout à gagner avec la libéralisation des services", leur a répondu José Manuel Barroso, plus remonté que jamais. "Si vous voulez maintenir les valeurs et le modèle européens, il faut avoir le courage de moderniser nos politiques et de réformer nos économies (...) Ce n'est pas avec des discours contre les entreprises que vous allez créer plus d'emplois et plus de croissance pour l'Europe", a-t-il souligné, déclenchant une nouvelle bronca dans les rangs de la gauche.
"Pas d'excuse pour la paralysie"

Devant les députés, le président de la Commission européenne a plaidé pour une relance de la dynamique politique pour entraîner la dynamique institutionnelle "et non l'inverse" et a appelé à "l'extraordinaire capacité de rebond" de la France. "Je lis ici ou là que la France serait atteinte d'une mélancolie, voire d'un malaise. Je me demande si le pays de Molière ne céderait pas à la tentation du malade imaginaire", s'est-il interrogé avec une once de provocation.
La France et les Pays-Bas ont rejeté l'an dernier le traité constitutionnel, dont le processus de ratification a été mis en sommeil par les dirigeants des Vingt-Cinq jusqu'en 2007. "Le fait que nous n'avons pas eu le traité constitutionnel ne doit pas être une excuse pour la paralysie", a fait valoir José Manuel Barroso, qui reste "complètement attaché aux valeurs de la Constitution".
A l'issue de son discours d'une quinzaine de minutes, les élus UMP et UDF lui ont offert une standing ovation alors que les députés de gauche restaient assis. Seuls quelques socialistes, comme Elisabeth Guigou et Dominique Strauss-Kahn, l'ont applaudi. "Vous venez quand vous voulez, c'est plus agité que les questions d'actualité", lui a alors indiqué un Jean-Louis Debré goguenard.
Le Premier ministre Dominique de Villepin, retenu par ailleurs, n'a pas assisté à la séance. Seuls cinq ministres étaient sur les bancs du gouvernement: Philippe Douste-Blazy - Affaires étrangères - Renaud Donnedieu de Vabres - Culture - Dominique Bussereau - Agriculture - Christine Lagarde - Commerce extérieur - et Henri Cuq - Relations avec le Parlement. Laurent Fabius, qui fut le chef de file des socialistes pour le "non", était absent, de même que plusieurs élus UMP "souverainistes", comme Jacques Myard.
Sources : L'EXPRESS
Par EVANGELIZT
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Jeudi 1 juin 2006

Et nous dirons NON à l'Europe comme elle se présente actuellement, pour la plupart. L'Europe telle qu'elle se profile ne nous amène rien de bon. Elle est sous la tutelle étatsunienne et les pays de l'Est n'ont pas à nous être imposés comme ils le sont et dans l'état actuel de leur construction sociale. Il faut savoir que dans la plupart de ces pays, les cartes bancaires et les chéquiers ne sont pas encore en vigueur pour la majorité de la population. Que les chômeurs n'ont nulle indemnité et que la sécurité sociale n'existent pas. Et que dire des conditions de vies des orphelins comme en Roumanie et du respect des droits de l'homme ?

La soumission à l’UE mène à la faillite


Liquidation de la Sogerma (EADS), privatisation d’EDF-GDF, mise en Bourse d’Aéroports de Paris, lancement des opérations d’absorption-liquidation d’Arcelor par Mittal et d’Alstom par Bouygues, rachat-absorption d’Euronext par le New York Stock Exchange...

Que va-t-il rester de ce pays, de son industrie, de son économie ?

Projet de loi liquidant le statut de la fonction publique, démantèlement des administrations centrales de l’Etat et de la Sécurité sociale, mesures destructrices de l’école républicaine, rapport Chertier, rapport Hadas-Lebel...

Que va-t-il rester de ce pays, de toutes ses conquêtes de la démocratie sociale arrachées depuis deux siècles ?

Au lendemain du référendum au Monténégro, les « commentateurs » se déchaînent : « Un véritable défi pour l’Union européenne (...). La mosaïque yougoslave est en train d’exploser (...). Par un effet de dommages collatéraux, Basques et Catalans, pour le moins, veulent également s’engouffrer dans la brèche ouverte » (1). « Le respect des racines (...) est, de nos jours, un besoin vital (...). Les communautés de base assurent l’équilibre et la joie simple du périmètre naturel » (2).

Que va-t-il rester de ce pays et de toutes les conquêtes de la démocratie politique inscrites dans la République une et indivisible ?

Ouvrir une issue : là est l’urgence. Chacune de ces mesures destructrices trouve sa source - nous le démontrons (lire pages 2, 3 et 5) - dans les directives européennes, au compte du capital financier nord-américain.

Peut-il y avoir une issue sans remettre en cause ce carcan de l’Union européenne ?

Dans le climat délétère de la crise de décomposition politique et institutionnelle, cette question en appelle une autre : est-il possible d’ouvrir une issue sans changer les institutions de ce pays ?

A une délégation du comité pour la reconquête de la démocratie des Alpes-de-Haute-Provence, M. Jean-Louis Bianco, député socialiste, a déclaré : « Le vote du 29 mai était à la fois une condamnation de la politique de droite (et) un rejet de la construction européenne. » Et M. Bianco - qui se prononce notamment contre la suppression des communes et le transfert des TOS - de conclure : « Il faut donc rebâtir. »

Mais il ajoute que « la question centrale n’est pas institutionnelle » et qu’« on a à assurer une situation qui nous est imposée, même si c’est par certains aspects catastrophique ».

N’est-ce pas le centre du problème ? Si la situation est catastrophique - et elle l’est - et si elle impose de « rebâtir », peut-on ne pas toucher aux institutions et se condamner ainsi à poursuivre sur la voie de la catastrophe ?

N’est-ce pas précisément parce que ce fut là le choix de tous les gouvernements successifs depuis vingt-cinq ans que notre pays en est rendu à la tragique situation d’aujourd’hui ?

Personne ne peut le contester : le pays se délite.

Personne ne peut le contester : le peuple français, par son vote du 29 mai, a clairement signifié sa volonté d’en finir avec les diktats imposés par la Commission européenne de Bruxelles, institution antidémocratique s’il en est.

Qui aura l’autorité et la légitimité pour traduire en actes cette exigence démocratique et rompre le lien qui soumet le pays au joug destructeur de l’Union européenne ?

Qui aura l’autorité et la légitimité pour restaurer la démocratie politique et garantir au peuple le rétablissement de toutes les conquêtes de la démocratie sociale arrachées par la lutte de classe ?

Qui, sinon l’Assemblée constituante des représentants du peuple, désignés et mandatés pour sortir le pays de l’ornière désastreuse dans laquelle l’enfonce chaque jour davantage la soumission à Bruxelles ?

Pour l’immense majorité des ouvriers, des employés, des paysans, des jeunes, des chômeurs, des retraités, pour le peuple qui souffre, l’heure n’est-elle pas venue de dire aujourd’hui, comme il y a un an le 29 mai : non !

Source : Bellaciao

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt
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Vendredi 20 octobre 2006

 

 

Europe

Les élus français persistent dans le communautarisme

par Christophe Beaudouin

A travers plusieurs textes fondamentaux comme la Charte des langues régionales ou minoritaires, celle sur la "participation des étrangers à la vie locale" ou celle "de l'autonomie locale" de 1985 approuvée le 30 juin dernier à l'Assemblée nationale, le Conseil de l'Europe veut dessiner une nouvelle carte politique de l'Europe à partir de considérations basées sur des fondements communautaristes, notamment régionaux et ethniques. Poursuivant le même projet au nom de la même idéologie, la Commission de Bruxelles ou récemment le Parlement européen ont emboîté le pas. Ainsi le rapport Portas adopté en octobre 2005 avec les voix de la totalité des eurodéputés de l'UMP, du PS et de l'UDF à Strasbourg. Celui-ci préconise sans rire l'intégration des jeunes de deuxième et troisième génération issus de l'immigration par... l'enseignement public obligatoire de leur langue et culture maternelles... et ce, au nom des "persécutions" que les "minorités" immigrées ont connu en Europe ! De même, considérée comme absolument consensuelle et donc intangible par les promoteurs de la Constitution européenne, la Charte des droits fondamentaux (II-81) est dans la même veine lorsqu'elle remplace la lutte contre la discrimination fondée sur l'origine "nationale" par l'origine "ethnique". Comme l'analyse Pierre Manent, ce "respect absolu des identités" régionales, sexuelles, ethniques, religieuses, imposé par le politiquement correct constitue sans aucun doute l'un des plus redoutables "fondamentalismes" de ce siècle.

Une approche écologique de la société humaine

Il a fallu une seconde et demie à l'Assemblée nationale, après le Sénat, pour autoriser la ratification par la France de la Charte européenne de l'autonomie locale. C'était le 30 juin dernier. L'affaire a été expédiée, sans débat, au milieu d'un paquet, après la "convention sur la commission interaméricaine du thon tropical" et avant un accord sur la mise à disposition d'un immeuble à la Bulgarie. Cette "charte" dite de "l'autonomie locale" avait été adoptée dans le cadre du Conseil de l'Europe il y a plus de vingt ans...le 15 octobre 1985, époque où les lois de décentralisation en étaient à leurs balbutiements. Les gouvernements étaient déjà aux prises avec les autonomismes basque ou breton, quelques années avant que, lassés par les attentats incessants, d'obscures plans "Jospin-Rossi-Talamoni" puis "Sarkozy", échouent à mettre la Corse sur la voie de l'indépendance.
A cette date, la France ne connaissait pas encore la jungle des structures superposées de compétences communale, intercommunale, départementale, régionale etc., la dilution et l'opacité des responsabilités, l'explosion de la fiscalité locale, les gabegies financières, les politiques de subventions tous azimuts, les scandales de marchés publics et autres rackets de financements politiques, les hôtels de région flambants comme des palaces où règnent sans partage des potentats plus puissants que bien des ministres.


Faire sauter les frontières politiques

Concoctée par un institut européen puissant - le Conseil des Communes et des Régions d'Europe dont le Président d'Honneur est comme par hasard, Valéry Giscard d'Estaing -, cette charte veut "développer des lois et des règlements nationaux qui précisent clairement le rôle et les responsabilités des pouvoirs locaux vis-à-vis des gouvernements nationaux et qui mettent en place une décentralisation effective et une véritable démocratie locale, qui s'appuient sur les principes d'autonomie, de subsidiarité et de proximité."
Rappelons que le Conseil de l'Europe, distinct de l'Union européenne, est constitué de 45 Etats de l'Eurasie et composé d'un Comité des ministres, d'une Assemblée parlementaire, d'un Congrès des pouvoirs locaux et régionaux et de la Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg. Certaines des conventions et chartes adoptées au Conseil de l'Europe promouvant les "minorités" régionales, ethniques et culturelles, conduisent en fait, dans la plus pure logique intégrationniste, à transformer les actuelles frontières politiques en frontières simplement administratives et, avec le multicultulturalisme généralisé (discrimination positive, droit de vote aux étrangers, légalisation des "minorités"), à forcer la mutation des sociétés elles-mêmes.

Cinq documents du Conseil de l'Europe, tous d'inspiration germanique par la philosophie dont ils se réclament, affichent des apparences généreuses telles que la sauvegarde des cultures régionales et des minorités linguistiques : la convention-cadre sur la coopération transfrontalière du 21 mai 1981, la convention-cadre pour la protection des minorités du 10 novembre 1994, la fameuse charte européenne des langues régionales ou minoritaires du 25 juin 1992 que le Conseil constitutionnel - dernier pôle institutionnel de résistance mais de plus en plus fragile - a jugé incompatible avec la Constitution française, la charte de l'autonomie locale du 15 octobre 1985 en passe donc d'être ratifiée, ainsi que la charte de l'autonomie régionale du 3 juin 1994.

Il s'agit de promouvoir une nouvelle carte politique de l'Europe (comme sur la carte ci-dessus établie par le Groupe de l'Alliance radicale européenne au Parlement européen) à partir de considérations basées sur des fondements communautaristes. A l'origine de ces textes, des lobbies pangermaniques financés par le gouvernement fédéral Allemand ou un Land, qui militent pour l'abolition complète des frontières politiques, pour la cohésion des germanophones en Europe, ainsi que pour "une forme d'approche écologique de la société humaine", c'est à dire basée sur les notions de race et d'ethnie, dont ils faut bien admettre qu'elle rappelle les postulats idéologiques du nazisme. On se reportera à cet égard aux abondants travaux d'Yvonne Bollmann et de Pierre Hillard. Ceux-ci dénombrent près de 283 communautés ethniques en Europe regroupant plus de cent millions de personnes.

C'est donc en toute logique que, dans sa recommandation n°78 (mai 2000), le Conseil de l'Europe "se félicite du fait que la France ait ratifié la Convention-cadre sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales et qu'elle ait signé les deux protocoles additionnels qu'il s'agit maintenant de ratifier", puisque cette "coopération", qui peut être utile dans certains domaines, présente surtout la vertu, au sens des régionalistes européens, de se passer des Etats et de rendre transparentes leurs frontières.

Régional et ethnique plutôt que national

Le Conseil de l'Europe peut par ailleurs se réjouir de ce que le programme électoral de certains favoris pour l'élection présidentielle de 2007 propose le droit de vote pour les étrangers à certaines conditions, brisant le lien nation-citoyenneté, dans la logique de la Charte européenne sur la participation des étrangers à la vie publique locale que la France rechignait, jusqu'ici à signer. Dans la même recommandation en effet, le Conseil de l'Europe, qui n'existerait pas sans elle, n'hésite pas à la tancer, s'autorisant à une forme de harcelèment diplomatique en direction d'un pays théoriquement souverain, pour qu'il signe ladite charte. Plus précisément, le Conseil "regrette que la France n'ait pas encore ratifié la Charte européenne sur la participation des étrangers à la vie publique locale et, à cet égard, encourage les autorités françaises à signer et à ratifier cette convention afin de profiter d'une référence européenne en vue de la mise en place de solutions, partagées, innovatrices et démocratiques, en ce qui concerne l'intégration des immigrés dans la vie sociale du pays".

Au Parlement européen, qui n'a nul besoin de la signature française et où la plupart des rapports et résolutions sont votés par une majorité de 90% des députés de droite et de gauche, on oeuvre activement à façonner cette société multiculturelle en lieu et place des cultures nationales. Dernier exemple en date, le rapport Portas voté le 13 octobre 2005 par l'ensemble des eurodéputés socialistes, UDF et UMP, qui préconise de mettre en place dans les écoles primaires et secondaires publiques, l'enseignement de la langue et de leur culture d'origine aux enfants et petits-enfants d'immigrés (2ème et 3ème générations), "surtout lorsqu'ils ne maîtrisent pas la langue du pays d'accueil, en vue de faciliter leur adaptation" (sic!). Cette lumineuse proposition jaillit après une série de considérants qui ne manquent pas de sel, comme ce "rappelant que l'Europe a connu, à différentes époques, des périodes de persécutions contre les minorités" qui suggère que tout le travail des enseignants depuis des siècles et les efforts d'assimilation des immigrés ont constitué une forme de "persécution" contre les Italiens, Portugais, Africains et autres Polonais venus s'installer chez nous. Dans une France et une Europe en crise aigue d'intégration et d'assimilation d'une partie des enfants et petits enfants d'immigrés, proposer d'ajouter à un programme scolaire déjà lourd, l'enseignement obligatoire de la langue et de la culture maternelle, il fallait bien être député européen pour y penser. On rappelera à Mesdames et Messieurs les visionnaires eurodéputés, qu'aux Etats-Unis, certaines minorités se rebiffent elles-mêmes, au nom de l'intégration, contre le multilinguisme scolaire. Ainsi, cet exemple extraordinaire de la "proposition 227", par laquelle les immigrés latino-américains de Californie ont dû se battre pour obtenir, par référendum, la suppression de l'enseignement bilingue imposé à leurs enfants. Selon eux, cet enseignement retardait l'intégration de leurs enfants à la société américaine en les privant de l'égalité des chances..."Ironique retour à la vox populi, les principaux intéressés finissant par se dresser contre la technocratie doctrinaire", conclut le Professeur Anne-Marie Le Pourhiet rapportant cet exemple.

Soumise aux mêmes influences que le Conseil de l'Europe et guidée par la même idéologie, l'Union européenne suit en effet la même pente, ainsi qu'en témoigne toute la politique régionaliste (Comité des régions instauré par le traité de Maastricht) et axée sur les subventions massives aux organisations communautaristes et autres "minorités". Oeuvrant au regroupement de régions transnationales pour des raisons économiques et/ou ethniques, la Commission a publié des cartes dont les Etats ont complètement disparu... La Constitution européenne - dont on attend le retour par le Parlement en 2008 en cas d'élection de Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal - en particulier son article II-81 (Charte des droits fondamentaux) est la parfaite illustration de cette logique de tribalisation de l'Europe. La "non-discrimination" y balaye le principe d'égalité devant la loi sans distinction et concerne désormais (outre le sexe, la couleur, la religion, les opinions...) les caractéristiques génétiques, un handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Il s'agit de permettre aux communautés de toutes sortes de saisir les tribunaux afin qu'ils remettent en cause cadres et législations nationales au prétexte d'une atteinte à tel particularisme. Le plus caractéristique, c'est que l'article II-81 ne défende pas "l'origine nationale ou sociale"que protégeait la Convention européennes des droits de l'homme, mais des "origines ethniques ou sociales": l'Europe des ethnies plutôt que l'Europe des nations, voilà le programme des institutions de Bruxelles et Strasbourg.

Cette approche communautariste est évidement une remise en cause radicale de la conception française de l'Etat-nation, dont le propre est au contraire de réunir des citoyens égaux en droit et devant la loi sans distinction aucune de race, d'origine, de sexe ou de religion, autour d'une "chose commune", c'est à dire un projet politique et un vouloir-vivre ensemble surplombant les particularismes de toutes sortes qui relèvent de la sphère privée. Sans faire de juridisme, on rappellera seulement qu'elle remet en cause les principes de l'Acte final d'Helsinki de 1975 qui considère les frontières politiques des Etats d'Europe comme "inviolables et sacrées".

Le processus est au fond bien connu, puisque largement décrit et analysé depuis des années : détruire les nations par le haut avec l'Union européenne, par la bas avec le régionalisme et l'ethnicisme, tout ceci nous menant en définitive à l'unification mondiale sous l'égide de cet "empire démocratique" sans peuple, que décrit Pierre Manent ("La raison des nations", Gallimard, 2006, p18) : "Notre démocratie extrême, conclut-il, qui enjoint le respect absolu des "identités", rejoint le fondamentalisme qui punit de mort l'apostat." Le peuple pourrait voter "non" tous les dimanche, voilà à quoi continueraient d'oeuvrer sans relâche les institutions de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe, scrupuleusement relayée par les gouvernements et majorités parlementaires en France.

Sources : Observatoire de l'Europe

Par Adriana Evangelizt
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Vendredi 20 octobre 2006

 

 

Bruxelles lance l'artillerie lourde contre les intérêts français

 

par Christophe Beaudouin

 

 

Secteurs stratégiques, viticulture, poste, jeux d'argent : l'Union européenne va lancer dès jeudi une salve d'initiatives dirigées contre les intérêts français. La Commission de Bruxelles s'apprête à déclencher pas moins de cinq procédures disciplinaires contre la France, au nom d'une certaine idée de la concurrence et de la mondialisation, et prépare deux directives qui font déjà scandale, l'une sur le vin, l'autre sur les services postaux. Est-ce parce que notre économie et notre pays ont besoin de sérieuses réformes qu'il faut laisser Bruxelles balayer nos intérêts, nos identités et nos cultures pour mieux formater nos modes de vie dans le seul intérêt du marché ?

L'Europe semble être la seule région du monde où le "patriotisme économique", c'est à dire la défense par un Etat de secteurs économiques sensibles ou stratégiques, est considérée comme une abomination.

Dans son collimateur, on trouve d'abord le fameux décret renforçant les procédures de contrôles et d'approbation des investissements étrangers en France - que les Etats-Unis viennent aussi de renforcer chez eux - dit "décret anti-OPA", pris par Dominique de Villepin le 31 décembre 2005, après les rumeurs de rachat de Danone par l'Américain PepsiCo. Ce décret soumet à approbation des autorités la prise de contrôle (33,33%) par des groupes étrangers de sociétés françaises dans onze secteurs économiques : jeux d'argent, sécurité privée, recherche ou développement de moyens destinés à faire face à l'utilisation illicite, dans le cadre d'activités terroristes, d'agents pathogènes, matériels conçus pour l'interception des correspondances et des conversations, technologies de l'information utilisées dans le domaine de la sécurité, technologies à double usage, cryptologie, activités de recherche, de production ou de commerce d'armes, activités liées à un contrat avec le ministère de la défense ou exercées avec des entreprises dépositaires de secrets défense et prestation fournie à un opérateur public ou privé d'importance vitale.

Selon le Commissaire McCreevy, successeur de Bolkestein, le décret contient une définition "floue" de l'intérêt national, notion qui ne peut être en effet que vulgaire ou pire, étrangère, aux yeux d'une institution supranationale, précisément programmée pour s'en affranchir. De son bureau bruxellois de super-ministre du 'Marché intérieur" de l'Europe, McCreevy peut dire, sans être contredit à Paris, ce qui est conforme ou non à l'intérêt supérieur de la France, et en l'occurence, de juger que le décret français va "au-delà de ce qui est nécessaire pour la défense des intérêts nationaux". Le gouvernement français aura deux mois pour faire part de ses observations à la Commission, dans une procédure qui se terminera à n'en pas douter, par une condamnation de la France devant la Cour de justice de l'Union européenne.

La Commission européenne planche également sur la libéralisation complète de l'agriculture viticole, qui transformera le vin en produit uniformisé. Ce que nos vignerons appellent déjà le "world wine" ("vin mondial") sans identification géographique et de tradition, un "Coca-cola du vin". Tout en proposant d'arracher en cinq ans 400.000 hectares de vignes (près de 12% des 3,4 millions d'hectares en Europe) la Commissaire danoise Boel veut "simplifier" l'étiquetage des vins pour mettre fin aux multiples appellations, indications d'origine géographique et de tradition, qui selon elle "déroutent les consommateurs, notamment à l'exportation", et sont même désignées comme responsables de la crise viticole en France... Elle estime plus simple de faire un vin générique genre "Bourgogne-rouge" où l'on mélangerait les vins de tous les vignobles et de tous les cépages. Le projet prévoit aussi d'autoriser certaines pratiques oenologiques, très développées sur les continents américain et australien qui, d'une certaine façon, permettent de se passer du terroir : de la chaptalisation (adjonction de sucre), aux copeaux de chêne, aux arômes synthétiques et autres enzymes, levures et cépages aromatiques transgéniques. Le "vin mondial" fait déjà l'objet d'une promotion intensive par les pays dits du « nouveau monde » (Afrique du Sud, Argentine, Australie, Canada, Chili, États-Unis et Nouvelle-Zélande) venus conquérir les marchés européens. A juste titre, les viticulteurs de la Confédération paysanne reprochent ainsi à la Commission de vouloir légaliser une « conception industrielle » de vins « compatibles avec un standard de consommation imaginé par les spécialistes du marketing des alcooliers internationaux. On pourra aromatiser le vin, lui enlever de l'alcool, lui ajouter du glycérol, fermenter en Europe des moûts concentrés d'Argentine ou bien encore importer des jus de raisin pour fabriquer des "vins" suédois ! » C'est en d'autres termes, la fin programmée du vin traditionnel et à travers lui, du goût, du terroir et du bon-vivre français.

Bruxelles accuse également la France de protéger son marché du jeu d'argent, contestant notamment le monopole de la société de paris hippiques PMU. Ce contrôle par l'Etat du marché des jeux répond à des nécessités relevant de l'ordre et de la morale publique. Le Commissaire européen se défend, lui, de vouloir libéraliser le marché des jeux. D'aucuns le soupçonnent de vouloir prendre sa revanche après avoir échoué à maintenir les jeux dans le champ de la directive service, sachant qu'il est aussi lui même grand amateur de courses hippiques et proche des bookmakers britanniques et irlandais.

Autre cible enfin de la Commission européenne : la Poste. Elle va présenter sa directive visant à l'ouverture totale du marché postal dès le 1er janvier 2009. Après une procédure ouverte contre le livret A, la Commission s'en prend à la garantie de l'Etat qui permet à l'entreprise publique d'emprunter à des taux favorables, au cofinancement, par le Trésor public de son régime de retraite, et au monopole de la distribution du courrier de moins de 50 grammes. D'ores et déjà, l'entreprise est soumise à une cure d'austérité qui passe notamment pas la fermeture d'un grand nombre de bureaux de poste sur tout le territoire.

Patriotisme économique, services publics, traditions culturelles et terroirs : ces nouveaux assauts que lance la Commission contre la France sont symptomatiques de ce qu'est devenue l'intégration européenne : une machine à broyer les intérêts nationaux, les cultures et des civilisations millénaires. Il s'agit de standardiser nos modes de vie et de consommation pour permettre à quelques uns de faire beaucoup argent. Parfaitement sourde et aveugle devant le réveil des peuples, tel qu'il se manifeste scrutin après scrutin dans toute l'Europe et encore avec éclat le 29 mai 2005 en France, cette Union européenne haït, en définitive, les valeurs de l'Europe léguées par l'Histoire. Nous avons hérité d'un monde tout en nuances, en variétés, en traditions, en identités, en savoir-vivre. L'Union européenne les balaye pour y installer son administration et ses normes, amnésiques, inhumaines, uniformisatrices et pour tout dire, folles.

Sources : Observatoire de l'Europe

 
Par Adriana Evangelizt
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