UNION EUROPEENNE AFRIQUE

Vendredi 24 mars 2006

La liste noire de l'UE des compagnies aériennes est "inappropriée" (AFRAA)

L'Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) a qualifié jeudi d'"inappropriée" la liste noire de l'Union européenne (UE) qui interdit de vol sur son territoire 92 compagnies aériennes, majoritairement africaines, soulignant que la quasi-totalité de ces sociétés ne volaient pas dans l'UE.

"On veut tous de la sécurité, mais on doit être sérieux", a déclaré le secrétaire général de l'AFRAA, Christian Folly-Kossi.

"La quasi-totalité des compagnies aériennes (qui figurent sur la liste de l'UE) ne volent pas en Europe, elles ne présentent aucun danger là-bas", a-t-il ajouté. "Cette liste est inappropriée", a-t-il estimé à Nairobi, siège de l'AFRAA.

"C'est comme si on interdisait aux matatus (transports publics au Kenya connus pour leur dangerosité) de rouler en Europe", a-t-il comparé.

Pire, selon M. Folly-Kossi, des compagnies de la liste de l'UE n'existent que sur le papier.

Sur les 92 compagnies aériennes interdites de voler dans l'UE, selon la liste publiée mercredi par Bruxelles, 85 sont africaines.

Le secrétaire général de l'AFRAA craint que le public ne fasse désormais un amalgame entre les compagnies aériennes africaines de la liste noire de l'UE et les autres compagnies africaines.

"Avec cette liste, le message est: +Vous prenez des risques à chaque fois que vous voyagez avec une compagnie africaine+. Mieux: +Vous n'êtes en sécurité que si vous voyagez avec des compagnies occidentales+. C'est une campagne de concurrence déloyale", s'est-il indigné.

"On noircit l'image des compagnies aériennes régulières qui fonctionnent", a ajouté M. Folly-Kossi, affirmant qu'aucune des compagnies de la liste noire de l'UE n'est membre de l'AFRAA.

La publication de cette liste vise "à calmer le public" après plusieurs accidents récents d'avions, dont celui de Flash Airlines en Egypte en 2004 et de West Carribean en 2005. Mais les compagnies impliquées dans ces accidents ne figurent pas sur la liste, relève-t-il.

"Il est plus facile de mettre sur la liste des compagnies africaines (que des compagnies occidentales) car pour des raisons politiques, elles ne sont pas en mesure de réagir", selon M. Folly-Kossi.

Cependant, il reconnaît que l'Afrique a "de mauvaises statistiques pour les accidents d'avion". Les compagnies aériennes africaines assurent 4,5% du trafic mondial, mais représentaient 34% des accidents en 2005, selon les chiffres de l'AFRAA.

Toutefois, "près de 70% de ces accidents arrivent dans cinq pays (République démocratique du Congo, Angola, Liberia, Sierra Leone et Soudan) qui ont eu des guerres civiles, et qui ont introduit de vieux avions, notamment des Antonov et des Iliouchine", qui ne sont pas utilisés par des compagnies régulières africaines, a-t-il souligné.

"On est bien conscient de ce problème et on a saisi l'Union africaine (UA)", a-t-il ajouté. Les ministres des Transports des pays membres de l'UA doivent ainsi se réunir en mai à Libreville pour débattre de la sécurité aérienne.

Sources : JEUNE AFRIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

Par EVANGELIZT
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Vendredi 24 mars 2006

Les Africaines n'ont rarement d'autre choix que l'avortement clandestin

Aucun pays africain n'interdit totalement l'avortement, mais les lois étant souvent très coercitives sur le continent le plus pauvre, la plupart des avortements se font sans médecin, tuant 90 femmes africaines chaque jour.

Sur 53 pays africains, seuls l'Afrique du Sud, le Cap-Vert et la Tunisie autorisent l'avortement sans condition les trois premiers mois, ont rappelé les participants à une conférence africaine sur l'avortement qui s'est achevée jeudi soir à Addis Abeba.

Dans au moins 25 pays, l'avortement n'est autorisé que pour sauver la vie de la mère et est passible de lourdes peines de prison.

C'est le cas notamment au Kenya, au Nigeria, au Sénégal, ou encore en Ouganda, où l'avortement est puni de 14 ans de prison pour la mère et de sept ans de prison pour le médecin qui pratique l'acte.

"Cela place les jeunes filles dans une situation très compliquée", explique Nina Kavuma, une avocate ougandaise. "Vous imaginez dans ces conditions aller demander à un médecin d'avorter? Les jeunes filles savent bien que très peu vont accepter", ajoute-t-elle.

"Résultat, à moins d'avoir de l'argent ou des relations, les filles vont dans les cliniques de rues et sont prêtes à n'importe quoi pour se débarrasser de leur bébé", explique-t-elle, affirmant que les avortements clandestins représentent désormais la troisième cause de mortalité des femmes en Ouganda.

"Quelquefois, elles s'enfoncent un cintre dans le vagin, un tesson de bouteille ou un mélange de verre pilé ou alors elles demandent à leur petit ami de piétiner leur ventre", raconte-t-elle à l'AFP.

Tous les ans, environ 4,2 millions de femmes africaines ont recours à un avortement de fortune et 30.000 d'entre elles en meurent, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Près de la moitié des femmes (44%), qui meurent de complications dues à un avortement non médicalisé, sont africaines, selon l'OMS.

"Le fond du problème, c'est que les lois (sur l'avortement) sont souvent anciennes et trop restrictives (...), faisant de l'avortement un crime", estime un gynécologue ghanéen, Fred Sai.

"En continuant d'avoir des lois coloniales archaïques (...), nous avons autorisé l'avortement à devenir le tueur des femmes en Afrique", dénonce-t-il.

"Tant que les hommes politiques n'auront pas compris qu'une femme qui prend la décision de ne pas assumer son enfant est prête à tout pour s'en débarrasser, la loi peut être aussi sévère qu'on veut, on continuera à avoir des morts inutiles", selon Mme Kavuma.

Un autre problème est celui de la connaissance des textes de loi en Afrique.

"Au Ghana, la loi sur l'avortement a été réformée en 1985, autorisant l'acte en cas de viol, d'inceste ou de menace pour la santé mentale ou physique de la mère, mais de nombreux médecins l'ignorent et refusent toujours de pratiquer un avortement de crainte de poursuites", estime M. Sai, interrogé par l'AFP.

Selon une étude menée en 1995 au Ghana, 58% des avortements se faisaient toujours en dehors du système de soin, et l'avortement était la deuxième cause de mort maternelle au Ghana, selon le médecin.

Pourtant, en Afrique du Sud où l'accès à l'avortement a été entièrement libéralisé en 1996, les premiers résultats sont visibles.

"Aujourd'hui, la mortalité maternelle a été divisée par deux", estime une activiste sud-africaine sous couvert d'anonymat.

Alors qu'une femme sur 12 meurt en ayant recours à un avortement non médicalisé sur le continent africain, en Afrique du Sud, désormais une femme sur 120 seulement meurt de problèmes liés à la maternité.

"Même si beaucoup de choses restent à régler, les problématiques ne sont plus du tout les mêmes: nous nous battons pour avoir accès à des soins modernes... pas pour avoir accès à un droit", conclut la jeune activiste.

Sources : Jeune Afrique

Posté par Adriana Evangelizt

Par EVANGELIZT
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Jeudi 20 avril 2006

 

Des mots d'Afrique... des mots vrais... des mots qui devraient faire honte à l'Union Européenne

 

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy :

Ils arriveront quand même...

 

A Monsieur Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur,

A Messieurs les ministres de l’intérieur de l’Union Européenne,

L’une de vos préoccupations aujourd’hui semble être d’endiguer le flux ininterrompu des réfugiés économiques qui assiègent les frontières de l’Union Européenne, réfugiés qui, pour beaucoup, viennent d’Afrique noire.

Nous savions depuis longtemps que la pression était forte et des milliers de cadavres balisent déjà les routes du désert quand les vieux camions rendent l’âme, le détroit de Gibraltar quand coulent les frêles embarcations, ou les autoroutes d’Europe quand on oublie d’aérer citernes ou conteneurs où ils voyagent.

Qu’une route se ferme, une autre s’ouvre... et il va en être ainsi pour longtemps !

Vous pouvez bien affréter ces humiliants charters de « retour au pays » qui blessent profondément l’âme hospitalière africaine, elle qui garde mémoire d’avoir été convoquée pour défendre la mère patrie,

vous pouvez bien mettre une troisième rangée de grillage à Ceuta et Mellilla (Que faisons-nous encore là-bas ?) ou faire disparaître le camp de Sangate,

vous pouvez bien organiser des reconduites aux frontières sous les feux des caméras de télévision, cela rassurera peut-être vos opinions publiques mal informées, mais cela n’arrêtera pas l’arrivée des réfugiés économiques.

Ils arriveront quand même parce que les gouvernements français et européens n’ont jamais vraiment souhaité que les paysans d’Afrique de l’Ouest (80% de la population) puissent vivre du travail de leur terre. Vous refusez d’acheter leurs produits à un prix rémunérateur qui leur donne la possibilité de rester chez eux. Vous refusez d’investir dans l’agriculture familiale qui seule peut fixer les populations chez elles.

Vous avez toujours préféré distribuer de l’aide déstructurante quand il est trop tard et que les plus faibles sont déjà morts. Vous préférez apporter une aide tardive avec vos stocks d’invendus transportés à grands frais, plutôt que de créer un environnement qui permette aux paysans africains de développer leurs propres productions et leurs propres stocks.

Vous déstabilisez leurs marchés avec les faux prix du pseudo marché mondial, que vous bricolez à votre guise (par des subventions ou du dumping). Et vous annoncez à tous cette nouvelle soit-disant vérité : Commerce ultra-libéral = développement.

Alors que nous voyons chaque jour que cette recette ne fait qu’enrichir les riches et appauvrir les pauvres...

Ils arriveront quand même parce que vos collègues chargés du développement l’ont trop souvent réduit à des aides budgétaires ou à des prêts ponctuels favorisant des régimes corrompus à la tête d’Etats où règnent le non-droit, la corruption et le racket permanent des plus faibles. Peu de chances alors de voir les plus jeunes se motiver dans un tel environnement. Ils veulent venir en Europe, et ils viendront.

Ils arriveront quand même parce que, quittant la campagne, ces jeunes ne trouvent dans les villes sous-équipées ni travail, ni considération, ni perspectives d’avenir. Les quelques emplois qui existent sont déjà aux mains d’une minorité qui se les réserve. Restent les seuls chemins de l’aventure que "TV5 monde" fait briller à leurs yeux. Ils rêvent de l’Europe.

Ils arriveront quand même parce que finalement vous en avez besoin

-  dans l’agriculture (légumes, fruits et primeurs) parce que la grande distribution, en écrasant les prix, ne permet pas de salarier normalement ceux qui produisent et récoltent,

-  dans le bâtiment, parce que les contrats de sous-traitance de nos grands groupes BTP, s’ils favorisent la création d’importants bénéfices, ne permettent pas non plus de rémunérer normalement la main-d’oeuvre de ce secteur,

-  et parce qu’il faudra bien remplacer l’importante génération du « baby-boom » qui commence à prendre sa retraite.

Quand la communauté européenne prendra conscience que le monde a besoin de toutes les agricultures du monde,

quand la communauté européenne décidera qu’il est juste et bon que l’Afrique protège ses filières de productions naissantes (agricoles et autres) pour parvenir à la souveraineté alimentaire,

quand la communauté européenne ouvrira vraiment ses marchés aux productions de l’Afrique sub-saharienne pour qu’elle devienne enfin solvable,

quand la communauté européenne renoncera à imposer ses Accords de Partenariat Economique (APE, qui sont en fait des accords de libre-échange) qui vont ruiner ce qu’il reste encore de production locale et appauvrir un peu plus les Etats africains,

quand la communauté européenne cessera de soutenir les " démocratures " africaines,

Alors, Monsieur le ministre, Messieurs les ministres, alors seulement, peut-être, la pression sera moins forte à vos frontières.

Bon courage !

Jacques LACOUR,

Koudougou, le 5 avril 2006

Sources : LE FASO

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana EVANGELIZT
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