Union Européenne et OTAN

Mercredi 31 mai 2006

Et elle a bien fait MAM, chapeau ! Car nous ne somme pas dupes de l'ingérence de l'Otan dans de nombreux pays de l'Est "démocratisés" soit disant par les Etats-Unis. Nous savons très bien que l'Otan est la future armée du Nouvel Ordre Mondial -rêvé par les fous du Pentagone- et visant à remplacer toutes les armées étatiques. Donc, il faut rester sur ses gardes et méfiants.

MAM recadre le rôle de l'Alliance

 

Devant l'assemblée parlementaire de l'Otan, hier à Paris, Michèle Alliot-Marie a voulu, une fois de plus, recadrer les missions de l'Alliance. A quelques mois du sommet de Riga, le ministre de la Défene à réaffirmé que l'Otan ne devait pas se perdre dans "des missions pour lesquelles elle n'est pas équipée",  citant notamment la reconstruction civile qui "n'est pas de son ressort". L'Alliance ne doit pas non plus se présenter "comme une organisation chargée de promouvoir la démocratie dans le monde", sous peine de "pousser à un conflit de civilisations que nous cherchons à éviter". Plaidant pour une "complémentarité" et non une "concurrence" entre l'UE et l'Otan, Michèle Alliot-Maris a rappelé que "l'effort collectif" ne devait pas "se substituer à l'effort indispensable de chacun en matière d'équipement". Elle a invité chaque pays à  prendre ses responsabilités, alors que la plupart des membres de l'Otan consacrent moins de 2% de leur PIB à la défense.

 

Sources : Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt
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Mercredi 31 mai 2006

Pour confirmer ce que nous disions précédemment. Que font ces armes nucléaires en Europe ? Voir à ce propos la doc en anglais US nuclear weapons in Europe...

Les deux tiers des Européens veulent une Europe sans armes nucléaires.

Alors que s’achève à Paris l’assemblée des parlementaires de l’Otan, et à une semaine d’un Conseil des ministres de l’Otan, Greenpeace publie les résultats d’un sondage sur la présence de bombes nucléaires américaines en Europe (1). Selon cette enquête, les deux tiers des habitants des pays européens qui accueillent ces bombes veulent vivre dans une Europe sans arme nucléaire. Greenpeace demande donc aux ministres de la Défense, qui doivent se réunir le 8 juin à Bruxelles pour le Conseil des ministres de l’Otan, de renvoyer ces armes nucléaires aux Etats-Unis.

Certains autres pays membres de l’Otan (Canada, Grèce, Danemark, Islande) ont déjà choisi de renvoyer aux Etats-Unis les bombes américaines qu’ils abritaient. Mais seize ans après la fin de la Guerre froide, 480 bombes nucléaires américaines sont encore présentes dans six pays européens : l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie et la Grande-Bretagne. 60% des habitants de ces pays l’ignorent. Et quand on les informe de la présence de bombes américaines dans leur pays, la plupart des personnes interrogées se déclarent inquiètes. Elles ont raison. Chacune est dix fois plus puissante que celle d’Hiroshima. Ensemble, elles pourraient raser l’Europe entière.

Un nouveau rapport de Greenpeace, intitulé « Garantir notre sécurité, assurer notre survie. Pourquoi il est nécessaire que les bombes nucléaires américaines de l’OTAN quittent l’Europe » (2), révèle l’importante menace que constitue la présence de ces bombes. Chacune d’elles constitue une cible potentielle pour une action terroriste et présente un risque d’accident. Chacune est aussi un obstacle à la réduction de l’arsenal nucléaire tactique de la Russie comme à la poursuite de négociations sur le programme nucléaire iranien. Greenpeace affirme aussi que le président des Etats-Unis pourrait décider d’utiliser ces bombes nucléaires sans la permission du pays d’accueil. Et un récent article du New Yorker (3) a révélé que le gouvernement américain n’excluait pas d’employer des bombes B61 – ce sont celles qui sont présentes en Europe – contre la population iranienne. « Il est urgent de débarrasser une fois pour toute l’Europe de ces armes », déclare Donna Mattfield, en charge de la campagne Désarmement nucléaire à Greenpeace International.

Les pays membres de l’Otan sont sur le point de réviser le mandat de l’Alliance atlantique. Ce doit être l’occasion pour les responsables politiques européens, qui vont se réunir à Bruxelles le 8 juin, de soutenir la demande de leurs concitoyens qui réclament le désarmement nucléaire de l’Europe. Greenpeace appelle les ministres de la Défense de l’Otan à renvoyer ces bombes nucléaires aux Etats-Unis. « En renvoyant les bombes nucléaires américaines, les dirigeants européens peuvent répondre de manière concrète aux inquiétudes de leurs concitoyens, renforcer la position de l’Europe dans les négociations avec l’Iran et la Russie, tout en agissant positivement en faveur du désarmement nucléaire et de la paix du monde », conclut Donna Mattfield.

Comme membre de l’Otan et puissance nucléaire majeure, la France devrait profiter du Conseil des ministres du 8 juin pour rappeler la nécessité de relancer le désarmement nucléaire au niveau mondial et européen. « En poursuivant la construction du missile nucléaire M51, qui menace directement les pays non nucléaires, la France transgresse le Traité de non prolifération, affirme Xavier Renou, chargé de la campagne Désarmement de Greenpeace France. Le prochain Conseil des ministres de l’Otan pourrait être une excellente occasion pour notre pays de se remettre dans le droit chemin en réaffirmant la nécessité de faire de l’Europe une zone sans arme nucléaire. »

Notes: (1) – Sondage téléchargeable ci-contre : http://www.greenpeace.org/france/press/reports/nuclear-weapons-in-europe-sur


(2) – Rapport téléchargeable ci-contre : http://www.greenpeace.org/france/press/reports/rapport-OTAN


(3) – S. M. Hersh, The Iran Plans: Would President Bush go to war to stop Tehran from getting the bomb?, New Yorker, 07/04/2006

Source :
http://www.greenpeace.org/france/news/les-deux-tiers-des-europeens-v

Sources : Samizdat

Posté par Adriana Evangelizt

Par Adriana Evangelizt
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Samedi 8 juillet 2006

La difficile mise en place d'une défense européenne autonome

par Jean-Michel Floc'hlay

Alors que la création d'une Défense européenne est un des souhaits des citoyens de l'Union le plus souvent relevés dans les sondages, l'ouvrage d'Edouard Pflimlin intitulé "Vers l'autonomie des capacités militaires de l'Union européenne" et publié par la Fondation Robert Schuman, permet de faire le point sur l'avancée de ce concept qui a mis du temps à se concrétiser après l'échec, en 1954, de la Communauté européenne de défense (CED). Si depuis 1998, la Défense européenne connaît une nouvelle impulsion, Edouard Pflimlin ne manque pas de mettre en évidence les lacunes qui freinent encore sa progression.


Une défense européenne difficile à mettre en place


L’idée d’une défense européenne remonte aux premiers traités défensifs en Europe de l’Ouest au lendemain de la seconde guerre mondiale. La guerre de Corée et la nécessité du réarmement allemand face à la grandissante menace soviétique conduisirent à l’idée d’une Communauté européenne de défense, organisée sur des bases supranationales. Cependant la France rejeta la CED en 1954 au profit de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), instrument d’un pacte défensif entre Européens. Mais l’OTAN, instituée en 1951, disposait des moyens militaires, aussi l’UEO n’eut qu’un rôle très secondaire sur les questions de défense européenne.

C’est seulement dans les années 1980 que resurgit l’idée d’une défense européenne. Au début des années 1990, le traité de Maastricht, instituant l’UE, envisagea une politique de défense commune pouvant conduire à terme à une défense commune. Des forces militaires furent alors mises à la disposition de l’UEO, « bras armé » de l’UE. Mais l’UEO n’eut qu’un rôle très limité lors des grandes crises internationales, notamment en Yougoslavie. Cette faiblesse de l’UE et de l’UEO conduisit deux Etats, la France et la Grande-Bretagne, à penser qu’il fallait relancer l’idée de moyens conséquents au service de l’action en matière de défense de l’UE.


Le tournant de Saint-Malo


Au sommet de Saint-Malo de 1998, ils décidèrent que l’UE devait disposer d’une capacité autonome d’action en matière de défense. Cette idée eut l’assentiment des autres membres de l’UE et au Conseil européen d’Helsinki en 1999 l’objectif fut fixé d’avoir d’ici 2003 une force d’intervention de 60 000 hommes pour remplir les missions dites de « Petersberg ».

L’opérationnalité de cette nouvelle politique européenne de sécurité et de défense fut reconnue en 2003 et des opérations militaires de l’UE furent menées cette même année.


Des lacunes persistantes


Cependant de nombreuses lacunes obèrent encore l’action de l’UE dans un environnement international en pleine mutation. En effet, l’UE doit faire face à de nouvelles menaces, qui vont de la prolifération des armes de destruction massive à la déliquescence des Etats, trouble à la stabilité régionale, identifiées dans une stratégie européenne de sécurité adoptée par l’UE en décembre 2003. Ces menaces nécessitent des actions préventives, en tout cas à l’extérieur des limites de l’UE.

Mais cette dernière connaît des lacunes stratégiques, en particulier en termes de disponibilité et de déployabilité des forces réduites, au regard des effectifs militaires importants dont disposent les Etats, mais aussi de mobilité des forces, limites qui rendent difficiles des opérations d’envergure où l’OTAN reste incontournable. La raison est largement imputable à la faiblesse relative des budgets de défense des pays de l’UE qui dépensent deux fois moins que le grand frère américain.

Cependant l’UE continue d’évoluer consciente de ses lacunes et des nouvelles menaces.

Elle a identifié de nouveaux objectifs pour 2010. Il s’agit de développer un embryon de quartier général européen qui donnera une plus grande liberté stratégique à l’UE, mais aussi une agence européenne de défense, instituée en 2004, qui doit notamment promouvoir la coopération en matière de programmes d’armement. Par ailleurs, face aux nouvelles menaces, l’objectif est de développer des capacités d’intervention très rapides en mettant en place des groupements tactiques de 1500 hommes très réactifs. Ces évolutions nécessitent cependant la poursuite du plan de comblement de lacunes capacitaires, adopté en 2001 à Laeken. Enfin, l’UE monte en puissance en matière opérationnelle en prenant notamment le relais de l’OTAN en Bosnie fin 2004.

Mais un effort nouveau doit être réalisé sur le plan budgétaire pour développer les capacités de défense. Cependant dans un contexte de restriction budgétaire dans de nombreux pays, il est également nécessaire de mieux utiliser les moyens disponibles. L’offre et la demande d’armements doivent aussi être aussi rationalisées pour développer des synergies entre les pays européens et réaliser des économies d’échelle.

A l’issue de ces nouvelles évolutions, l’UE aura fait un nouveau pas vers l’autonomie en matière de défense, même si l’OTAN continue de jouer un rôle clé pour des opérations importantes. C’est aux décideurs politiques de faire preuve d’audace pour atteindre une autonomie plus complète. Ils peuvent s’appuyer sur une opinion européenne sensible à l’idée de défense européenne.
Par Adriana Evangelizt
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Vendredi 22 septembre 2006

Les puissances européennes refusent d’envoyer plus de troupes en Afghanistan

 

Par James Cogan


Ce sont l’amertume et la rancoeur généralisée qui caractérisent les relations au sein de l’OTAN une semaine après que son commandant militaire eut demandé que des renforts de 2500 soldats soient rapidement déployés pour venir en aide aux 8000 soldats britanniques, canadiens et hollandais qui sont impliqués dans de violents combats dans les provinces du sud de l’Afghanistan. Devant une occupation de l’OTAN qui risque terriblement de perdre du terrain et d’affronter une résurgence de l’appui pour l’ancien régime taliban, les plus importants membres européens de l’alliance ont refusé d’envoyer même un seul soldat.

 

Le 14 septembre, lors d’une réunion du haut commandement aux quartiers généraux de l’OTAN dans la ville belge de Mons, les Etats-Unis ont clairement fait savoir qu’ils s’attendaient à ce que des pays comme l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne fournissent les troupes supplémentaires.

 

En visite au Canada le 13 septembre, la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a sermonné l’OTAN en disant que si « l’Afghanistan ne complète pas son évolution démocratique pour devenir un Etat stable combattant le terrorisme, il reviendra nous hanter. Il hantera nos successeurs et leurs successeurs. » L’ambassadrice américaine à l’OTAN, Victoria Nuland, a déclaré que « la question importante est la capacité de combattre et la volonté de combattre de tous les alliés ».

 

Pour l’administration Bush, soumettre le peuple afghan et appuyer un régime proaméricain à Kaboul est maintenant le problème de ses alliés européens et le prix qu’ils doivent payer pour garder de bonnes relations avec Washington. L’armée américaine est utilisée au maximum à cause du nombre de soldats qu’elle a dû garder en Irak et des préparatifs ordonnés en vue d’agir contre l’Iran.

 

En juillet, les Etats-Unis ont cédé la responsabilité de tout le sud de l’Afghanistan à la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) dirigée par l’OTAN qui, jusqu’à maintenant, avait essentiellement réalisé des opérations de maintien de l’ordre dans des régions relativement stables du pays. Bien que les Etats-Unis gardent le contrôle de lieux stratégiques clé tels que la base aérienne de Bagram, il ne reste plus maintenant que 19 000 soldats américains en Afghanistan et leur nombre sera réduit à seulement 16 000 d’ici la fin de l’année.

 

Le gouvernement Blair, en échange d’une entente avec Washington pour réduire progressivement son nombre de soldats en Irak, s’est porté volontaire pour fournir 5400 soldats britanniques et le coeur de la division de combat de la force de l’OTAN et de l’ISAF, celle-ci totalisant ainsi 20 000 soldats.

 

Toutefois, les combats en Afghanistan se sont avérés beaucoup plus difficiles que ne l’avait prévu l’armée britannique. Un officier servant dans la province de Helmand a déclaré au journal britannique Independent : « Nous ne nous attendions pas à une telle férocité dans les combats. Nous nous attendions aussi à ce que les talibans mènent des raids éclair. Au lieu de cela, nous avons souvent dû les affronter de très près. Nous sommes mieux armés et cela nous avantage, mais il faut penser que chaque fois que nous en tuons un, nous créons de nouveaux ennemis. »

 

Un autre soldat a affirmé : « Nous rasons des zones que nous avions déjà rasées, mais les attaques n’arrêtent jamais. Nous les avons tués par dizaines, mais d’autres prennent la relève [...] Presque chaque déplacement au sol est la cible d’une embuscade. Il faut avoir un groupe de combat entier pour progresser. »

 

Bien que les forces britanniques réclament d’urgence des renforts, les envoyer de la Grande-Bretagne est difficile, autant sur le plan logistique que politique. Quelque 7000 soldats britanniques sont encore en Irak. Les pertes subies en Afghanistan au cours des derniers mois, incluant les 14 tués dans un accident d’avion le 2 septembre, ont alimenté l’intense opposition intérieure aux deux opérations néo-coloniales et les remous contre Blair au sein du Parti travailliste au pouvoir. Un sondage mené par la BBC révélait cette semaine que 52 pour cent des répondants voulaient le retrait des toutes les soldats de l’Afghanistan aussi que de l’Irak.

 

S’adressant aux journalistes de Londres mardi, Blair a lancé un appel désespéré pour que les autres pays européens lui viennent en aide. Il était important, a-t-il déclaré, « que l’ensemble de l’OTAN voie ceci [l’Afghanistan] comme sa responsabilité. L’OTAN examine quels sont les besoins et les pays de l’OTAN ont le devoir d’y répondre. » Reflétant la pression venant de Washington et de Londres, le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer a publiquement supplié à la veille de la conférence de l’OTAN pour une « alliance solidaire parce que certaines nations en ont plus sur les épaules que d’autres ».

 

La réponse en Europe a été l’équivalent diplomatique du doigt d’honneur. Après plusieurs heures de négociation mercredi, James Apparthurai, un porte parole de l’OTAN, affichant une tête d’enterrement, a dit à la conférence de presse qu’« aucune offre officielle (pour l’envoi de troupes) n’a été mise sur la table ».

 

L’Espagne a déclaré sans détour que les 690 soldats qui sont déjà en Afghanistan sont « plus que suffisants ». La France et l’Allemagne, l’Italie et la Turquie ont dit que leur engagement militaire dans le cadre de l’opération de l’ONU dans le sud Liban, signifie qu’ils n’ont pas de troupes disponibles. L’Allemagne, qui a une force militaire de plus de 200 000 soldats, a aussi refusé de redéployer l’un de ses 2900 soldats allemands stationnés à Kaboul vers la zone de combat dans le sud de l’Afghanistan. Comme Blair, tous les dirigeants politiques craignent les conséquences dans leur pays de l’augmentation des pertes en Afghanistan.

 

Le désespoir produit par l’impasse à la conférence de l’OTAN est reflété par les efforts déployés pour trouver des troupes additionnelles des pays de l’Europe de l’Est. Jeudi, le gouvernement polonais annonçait qu’il allait envoyer 900 soldats, mais pas avant février et seulement pour des opérations dans la zone contrôlée par les Etats-Unis dans les provinces de l’est du pays.

 

Selon le Financial Times, les représentants officiels de l’OTAN ont même approché la Serbie, qui a été soumis à un bombardement massif de l’OTAN il y a sept ans seulement. Il est évident que le calcul a été que le gouvernement serbe pouvait être forcé à fournir la chair à canon pour l’Afghanistan en échange de discussion pour son entrée dans l’Union européenne. Cependant, Belgrade a annoncé que sa contribution se limiterait à 5 spécialistes de la sécurité des aéroports.

 

James Appathurai, porte-parole pour l’OTAN, a cherché à présenter le désarroi dans l’alliance sous le meilleur jour possible en déclarant qu’une offensive majeure pour détruire les forces talibanes dans la province de Kandahar, l’opération Medusa, « allait bien » et que « les deux tiers de ses objectifs » étaient réalisés. Un communiqué de presse émis par la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) le mercredi 13 septembre rapportait que plus de 500 talibans avaient été massacrés et que plusieurs villes et villages étaient maintenant contrôlés par les forces de l’occupation.

Un rapport a aussi été coulé dans la presse australienne qui prétend que les troupes spéciales de l’armée de l’air australienne ont tué plus de 150 talibans lors d’une opération de neuf jours en juillet dans la province voisine d’Uruzgan.

Mesurer le succès par le nombre des morts, toutefois, ne fait que confirmer une des principales condamnations que le comité d’experts européens Senlis avaient fait de la politique des Etats-Unis et de l’Europe en Afghanistan dans un rapport publié ce mois-ci. En se basant sur ses recherches et sur des entrevues en Afghanistan, Senlis a trouvé que « les tactiques brutales utilisées par les forces militaires internationales […] ont provoqué un désillusionnement important envers la communauté internationale et une méfiance généralisée et toujours plus grande envers le monde occidental. »

Les Afghans, a noté Senlis, « décrivent les promesses initiales de stabilité, de reconstruction et développement comme des mensonges » et « croient que leur vie quotidienne est pire depuis l’arrivée des coalitions militaires internationales en Afghanistan ». Cinq années d’opérations de contre-insurrection brutale contre les villes et villages pachtous du sud et de l’est de l’Afghanistan ont créé un mouvement de résistance de masse, qui a la possibilité de se réfugier au Pakistan.

Les assassinats de masse de combattants talibans sont loin d’affaiblir la résistance et il y a tout lieu de croire que les combats vont s’intensifier au cours de la période qui vient. Au cours du prochain mois, le dur hiver afghan va débuter, ce qui rendra les opérations des Etats-Unis et de l’OTAN dans les régions frontalières montagneuses plus difficiles, si ce n’est impossible. Les talibans auront le temps de se regrouper, de se réapprovisionner et de recruter. Ils seront aidés par la trêve entre le gouvernement pakistanais et les tribus pachtoues pakistanaises près de la frontière qui aident les talibans. Cinq années de ce qui fut pratiquement une guerre civile dans les régions frontalières ont fait 375 morts dans l’armée pakistanaise et provoqué un mécontentement de masse envers le régime de Pervez Musharraf. Selon les termes du cessez-le-feu, qui serait plus exactement décrit comme une reddition du gouvernement pakistanais, les 70 000 soldats pakistanais qui ont tenté d’empêcher les mouvements transfrontaliers des combattants afghans sont retirés de la région.

En refusant d’envoyer de nouvelles troupes, les puissances européennes ont envoyé un message à l’administration Bush : elles ne sont pas prêtes à s’impliquer davantage dans une guérilla de plus en plus sanglante de laquelle elles ne gagneront rien. L’invasion de l’Afghanistan, dès le début, avait pour but de mieux positionner les Etats-Unis géopolitiquement pour assurer sa domination sur les anciennes républiques de l’Union soviétique en Asie centrale, où l’on trouve les plus importantes quantités pétroles hors du Moyen-Orient. La présence militaire américaine en Afghanistan a été utilisée par Washington en tant que contrepoids stratégique à l’influence des autres puissances de la région, comme la Russie, la Chine et l’Union européenne elle-même.

La possibilité qu’une division sur la question de l’Afghanistan entraîne des tensions ouvertes entre les Etats-Unis et l’Europe est déjà discutée. Le Financial Times a écrit un éditorial le 15 septembre que « la crédibilité de l’OTAN dépend du succès » de l’opération en Afghanistan. « S’il fallait que l’alliance échoue, a averti le quotidien, les Etats-Unis vont possiblement se tourner vers des « coalitions des volontaires » pour les entreprises futures. » A long terme, c’est la survie de l’alliance de l’OTAN elle-même qui est en jeu.

Sources : WSWS

Posté par Adriana Evangelizt

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